"Il y a 500 mètres carrés de greniers… on a ressorti des choses pas possibles" : ce château gardois change de propriétaires
Après plusieurs siècles dans la même famille, le château de Ribaute-les-Tavernes change de main. Un moment émouvant pour ses propriétaires, mais en ayant beaucoup de confiance envers les futurs châtelains. Un "vide-château" permettra d’y brocanter des affaires les week-ends du 22 et du 29 novembre.
Le château de Ribaute-les-Tavernes domine le village depuis près d’un millénaire. Restauré patiemment par la famille Champska, il a vu se succéder plusieurs générations, mêlant vie quotidienne et préservation du patrimoine. Son grand escalier central, restauré il y a une dizaine d’années, est classé aux Monuments historiques.
Un passage de relais émouvant
Pour Azélie Champska, "Ribaute", comme elle appelle le château, est un lieu chargé de souvenirs. "Petite, mon papa m’a collée aux visites. Je le voyais m’espionner pour vérifier si je ne disais pas de bêtises." Elle évoque le temps et l’énergie consacrés par ses parents, notamment sa mère, Françoise Champska-Mandajors : "Maman, elle a passé 40 ans de sa vie ici à entretenir, à sauvegarder, à préserver… Il faut être là tous les jours." Sauf que voilà, des trajectoires de vie différentes et des choix ont été faits, "en accord" avec Françoise Champska-Mandajors avant le décès de cette dernière. "C’est plus facile", souffle Azélie Champska. Le château était une charge peut-être trop importante. "Il faut y vivre, il faut entretenir…" Beaucoup d’émotion dans le regard et dans la voix.
Julie Champski, sœur aînée de Azélie, ajoute, évoquant son arrivée adolescente : "Moi, j’avais 12 ans. J’ai été enlevée de mon école, que j’avais démarrée à Paris, pour venir ici… Pas forcément un changement très, très facile." Un château grand, parfois froid, avec quelques inconvénients donc. Pour autant, elle insiste sur le choix des repreneurs : "On est tombé sur un couple extraordinaire qui veut vraiment perpétuer le patrimoine. Bien sûr, la décoration ne sera pas la même. On perdra l’âme de Maman. Mais ils ont un chouette projet. Une nouvelle âme." Un brin d’espoir.
Les petits‑enfants au dur labeur
Thomas Eudeline-Champski et Léopold Champski, petits-fils, venus aider pour vider le château, partagent eux aussi leur émotion : "Ça nous fait de la peine de voir qu’on doit tout sortir, que les salons sont vides, les pièces sont vides", confie le premier. Léopold complète avec de l’espoir : "C’est bien de savoir qu’il sera entretenu par d’autres personnes. Nous, on a beaucoup moins de temps." Tous deux se disent rassurés par l’attachement des nouveaux propriétaires au château : "Ils sont super. On pense que l’âme du château ne partira pas."
Le vide-château, un dernier hommage
Avant de passer le relais, la famille organise plusieurs week-ends de "vide-château" pour écouler meubles et objets accumulés dans les greniers : "Il y a 500 mètres carrés de greniers. C’est plein ! On a ressorti des choses pas possibles", raconte Azélie. Le premier week-end a déjà eu lieu, et les prochains sont prévus les week-ends du 22 et 29 novembre, de 9 h à 16 h. Au programme : mobilier, vaisselle, objets de collection et petites merveilles du grenier, à découvrir pour les amateurs et curieux de patrimoine. Ainsi, tout un chacun pourra ramener un peu de "Ribaute" chez lui, et faire vivre l’âme de château pour les millénaires à venir.
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