"J’étais dopé jusqu’au cou" : le vainqueur du Tour de France 1996, Bjarne Riis, assume son dopage sans remords
Vainqueur du Tour de France 1996, Bjarne Riis assume aujourd’hui sans détour avoir utilisé des produits dopants tout au long de sa carrière. Lors d’un forum sportif à Copenhague, l’ancien champion danois, aujourd’hui âgé de 61 ans, a livré un témoignage brut qui replonge le cyclisme dans ses années les plus controversées.
En 1996, Bjarne Riis mettait fin à l’hégémonie de Miguel Indurain sur le Tour de France. Sa victoire, acquise après une attaque restée légendaire à Hautacam, avait été saluée comme un tournant dans l’histoire de la Grande Boucle. Mais onze ans plus tard, en 2007, l’image du champion danois s’effondrait : il avouait s’être dopé à l’EPO (érythropoïétine) après son aveu son la consommation des amphétamines, stéroïdes, héroïne, cocaïne, morphine et même de l’opium.
Aujourd’hui, à 61 ans, l’ancien coureur ne se contente plus de demi-mesures. Lors d’un forum sportif à Copenhague, il a assumé son passé sans le moindre remord : "J’étais dopé jusqu’au cou. Je savais ce que je faisais. Je ne le regrette pas, car cela faisait partie de cette époque et d’un système que nous acceptions tous en silence."
Hautacam 1996 : l’ascension qui sentait déjà le soufre
L’étape d’Hautacam reste l’illustration la plus flagrante des soupçons qui entouraient le peloton de l’époque. Ce jour-là, Riis avait pulvérisé ses rivaux, gravissant les pentes à 8 % en 34’38’’et reléguant Miguel Indurain à plus de deux minutes.
1996 Tour de France. When Bjarne Riis destroyed Miguel Indurain and the others, climbing 60% of Hautacam in the big ring. \u2623\ufe0f\ud83c\udde9\ud83c\uddf0 He set that day the climbing record: 34 min 38 sec. Tomorrow, another Dane has a chance to beat it.#TDF2025 pic.twitter.com/B5svyNX51R
— Mihai Simion (@faustocoppi60) July 16, 2025
Un exploit qui lui valut le surnom de "Monsieur 60 %", en référence à son taux d’hématocrite boosté par l’EPO. Des années plus tard, cette performance est devenue un symbole des “années noires” du cyclisme, quand les records se battaient au rythme des seringues.
Un palmarès intact malgré les aveux
Contrairement à Lance Armstrong, déchu de ses sept Tours, Riis n’a jamais perdu officiellement son titre. L’UCI lui avait retiré sa victoire en 2007, avant de la lui rendre quelques mois plus tard, jugeant les faits prescrits. Le Danois reste ainsi dans les livres d’histoire, devant Tadej Pogacar, avec le record de la montée d’Hautacam.
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Après avoir raccroché en 1999, Riis est resté dans le cyclisme comme directeur sportif (CSC, Saxo-Bank, Tinkoff, NTT Pro Cycling). Mais même là, les accusations l’ont poursuivi. En 2015, un rapport de l’agence antidopage danoise l’a mis en cause pour avoir incité ses coureurs à travailler avec le Dr Eufemiano Fuentes, figure centrale du scandale "Puerto". L’Américain Tyler Hamilton a confirmé dans son livre The Secret Race que Riis encourageait activement l’usage de produits interdits.
Près de trente ans après son sacre, le Danois conserve donc son maillot jaune… et un rôle de symbole. Celui d’une génération où, pour beaucoup, gagner le Tour n’était pas seulement une affaire de jambes.
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