"La dermatose nodulaire appelle à beaucoup d’humilité et de sérieux" : la fédération des manadiers de Camargue lève le confinement mais reste prudente

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  • Pour le manadier Emmanuel Lescot, des voyants sont au vert, mais "il suffit d’un cas pour tout remettre en question".
    Pour le manadier Emmanuel Lescot, des voyants sont au vert, mais "il suffit d’un cas pour tout remettre en question". Midi Libre - MiKAEL ANISSET
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Au vu de l’évolution favorable de la situation sanitaire liée à la dermatose nodulaire, la fédération des manadiers a décidé de la levée du confinement sanitaire et de la reprise des manifestations taurines au 7 février.

La Fédération des manadiers respire, mais reste sur ses gardes. À l’issue de son conseil d’administration du 27 janvier, a été décidée la levée du confinement sanitaire imposé à ses bêtes. En octobre dernier, en pleine crise de la dermatose nodulaire, la Fédération des manadiers avait en effet été au-delà des décisions gouvernementales, en suspendant l’ensemble des manifestations taurines jusqu’à fin 2025 et début 2026.

"Il suffit d’un cas pour tout remettre en question"

Mais au vu de "l’évolution favorable de la situation sanitaire et l’attente progressive des objectifs de vaccination collective, après échanges avec les services de l’État", la reprise des activités manadières et taurines est donc actée à compter du 7 février prochain. Pas de quoi cependant provoquer des scènes de liesse dans la profession, qui reste aux aguets, à l’instar du président de la fédération Emmanuel Lescot : "La dermatose nodulaire n’est pas terminée. C’est même difficile de savoir si on en est au début, au cœur ou à la fin. Il y a cependant un certain nombre de points qui sont passés au vert. Depuis le 1er janvier, on n’a plus eu de cas sur le territoire national ; la vaccination sur la zone vaccinale qui s’étend des Landes à l’Hérault et qui est censée faire une barrière de protection avance bien. Ils ont dépassé les 75 % des animaux et les 95 % des cheptels. Le dernier cas détecté était en Espagne, à 10 km de la frontière. Tout ça est positif, mais la dermatose nodulaire appelle à beaucoup d’humilité et beaucoup de sérieux, il suffit d’un cas pour tout remettre en question. C’est là toute la complexité de cette maladie."

Pour les manadiers, le principe de précaution qui a été appliqué, salué par le ministère de l’Agriculture et l’ensemble des Directions départementales de protection des populations en France, était en fait une vraie question de survie des élevages : "Le cheptel Camargue, ce n’est pas celui du Limousin, constate Emmanuel Lescot. Ici, l’insémination artificielle, le prélèvement embryonnaire restent très compliqués car ce sont des animaux sauvages. Si on abat un troupeau, ce sont des dizaines d’années de travail et de sélection qui disparaissent."

"On a tout connu, même les guerres"

Une perspective évidemment redoutée : "Dans ma famille, on élève des taureaux depuis 1875, rappelle Emmanuel Lescot, dont la manade Saumade s’étend au cœur des Saintes-Maries-de-la-Mer. On a tout connu, même les guerres et on a encore l’intention de continuer, parce qu’à travers l’élevage du taureau Camargue, c’est d’abord la protection d’un territoire, d’une biodiversité, d’une identité forte culturelle, mais aussi la défense d’un tissu économique qui fait vivre nos trois départements (Bouches-du-Rhône, Gard et Hérault)."

Et si la reprise des activités est donc actée pour le 7 février, celle-ci sera "strictement conditionnée" au respect de mesures de biosécurité, obligatoires pour toute manifestation, déplacement ou rassemblement, avec désinfection systématique des camions et moyens de transport, des chevaux et taureaux au départ et retour de la manifestation, avec une traçabilité des produits employés. "On sait que tout cela c’est compliqué… Mais là, vraiment, il faut en appeler à la responsabilité de chacun. Moins on fera d’erreurs, moins on aura de risque de retour de la dermatose", conclut Emmanuel Lescot.

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