"Des accidents graves ou mortels" : après la dermatose nodulaire, les manadiers de nouveau confrontés à l’épineuse question des assurances

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  • Les concours d’abrivado, spectaculaires mais parfois source d’accidents ou d’imprudences graves de la part des spectateurs.
    Les concours d’abrivado, spectaculaires mais parfois source d’accidents ou d’imprudences graves de la part des spectateurs. Midi Libre - ALEXIS BETHUNE
Publié le , mis à jour

Avec la reprise des manifestations taurines dans le Gard, revient la question de l’assurance des manadiers, responsables en cas d’incidents sur un parcours d’abrivado ou de bandido.

Si la dermatose nodulaire a été un des sujets de préoccupations principaux des manadiers du Gard et des Bouches-du-Rhône sur le second semestre 2025, avec la levée du confinement sanitaire décidée par la fédération des manadiers, revient une question majeure : qu’en est-il des assurances liées aux manifestations taurines ?

Des pistes encore étudiées

Début novembre 2025, Groupama, l’assureur historique des manadiers, couvrant plus de la moitié de la centaine d’élevages de taureaux du Gard, de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône qui participent aux animations taurines, avait décidé de résilier leur garantie responsabilité civile pour les activités liées aux jeux taurins sur la voie publique. "Cette pratique entraîne régulièrement des accidents graves ou mortels qui affectent nos équilibres", écrivait ainsi le directeur général dans le courrier envoyé aux intéressés.

Laissant donc les manadiers dans l’obligation de trouver des solutions alternatives, le Code civil rendant les propriétaires d’animaux dans les rues responsables des dommages qu’ils causent. "Plusieurs pistes sont encore étudiées, confirme Emmanuel Lescot, président de la Fédération des manadiers. C’est vrai que Groupama nous a lâchés, même s’il y a actuellement, quelques frémissements d’un retour possible de leur part autour de la table des négociations. Mais sinon, il y a trois possibilités. L’assurance Dolce Vita nous a proposés un contrat qui change un peu les règles du jeu : c’est l’organisateur qui sera responsable de A à Z de ce qui se passe sur le parcours. Ce qui semblerait être plus logique. Il y a aussi Hiscox, une assurance espagnole, mais avec un contrat excessivement cher où l’organisateur devra prendre sa part pour que ce soit viable… Reste sinon à faire changer le fameux article de loi du Code civil, 1242-1243, qui dit que tout animal sur la voie publique est à la responsabilité du propriétaire. Ces articles ont été écrits au XIXe siècle, mais cela reste complexe avec la question de l’errance animale."

"Il faut que chacun y mette un peu du sien"

Emmanuel Lescot et la fédération comptent aussi sur un soutien politique sur cette question, tant de l’assemblée nationale, que du Sénat. "On exploite toutes les pistes possibles et imaginables, pour essayer de changer la situation, car on a des éleveurs assez résignés et qui nous disent très clairement pour la première fois, que s’il n’y a pas de changement d’ici un an, ils tourneront la page. On veut bien entendre dire qu’on est les grands défenseurs d’une race, d’une tradition, d’une langue, de l’écologie, de la biodiversité. C’est super. Mais à un moment donné, il faut être un peu aidé. Et que chacun y mette du sien."

Si Emmanuel Lescot renvoie donc la balle aux organisateurs, il ne sous-estime pas non plus le poids de la profession : "C’est aussi la responsabilité des éleveurs, à un moment donné, de ne pas avoir voulu créer une fédération des abrivado, comme la fédération de la course camarguaise, avec un agrément ministériel, un rattachement à un ministère, des délégués qui surveillent chaque spectacle et qui rendent des comptes à la fin. C’est très compliqué à mettre en place maintenant, mais peut-être qu’il y a un virage qui a été manqué. Et moi, tous les jours, je me pose la question de savoir si ce virage, on arrivera à le rattraper…"

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Les commentaires (6)
Anonyme180349 Il y a 5 jours Le 31/01/2026 à 20:00

Au pire pourquoi pas juste diminué les jeu de rue comme cela y aurait moins de accident, il y a peut-être trop de manifestations taurine dans les villages en fait

Anonyme180349 Il y a 6 jours Le 30/01/2026 à 17:26

Alors qui doit payer en cas d accident mortel ou grave, je comprends pas vu que les gens doivent être vigilants ,dans la course camarguaise au micro le président dit la direction ne répond pas des accidents, vu que c'est un parcours fermé pourquoi ce n'est pas pareil que dans les arenes

Anonyme213180 Il y a 5 jours Le 31/01/2026 à 10:32

Vous pouvez raconter ce que voulez au final devant une juridiction c est le jugement d une cour de cassation qui fait foi et après vous n aurez plus rien dire .

PAPOUS Il y a 6 jours Le 30/01/2026 à 14:26

Le problème, c'est que les spectateurs inconscients n'écoutent pas ; Combien de fois j'ai dit à des parents avec des enfants en bas age de ne pas rester au milieu du parcours.... je me suis fait remettre à ma place
L'année dernière, lors d'une abrivado, le comité organisateur martelait au téléphone que les enfants devaient être derrière les barrières... mais personne n'écoute ; A la fin il a fallu que la police municipale interviennent pour faire bouger les récalcitrants ; Dans ce cas, si accident, ce n'est la faute des gardians, ni des organisateurs, ni de la municipalités