Le marché local de l’immobilier s’est stabilisé et ça devrait durer
Comme chaque année, le réseau immobilier Century 21 dresse un bilan de l’année écoulée. Analyse de la situation dans le Lunellois avec le responsable d’agences Olivier Rouvière.
Après la frénésie de la période Covid et post-Covid puis les années noires 2023 et 2024, le marché de l’immobilier a repris son souffle l’an dernier. « On est sur une année de stabilité, autour de 940 000 transactions au niveau national et un taux d’emprunt moyen à 3,2 % », résume Olivier Rouvière, qui gère un réseau de cinq agences Century 21 dans le Gard et l’Hérault, dont celle de Lunel.
Deux paramètres qui, associés à l’assainissement du secteur, semblent convenir à ce spécialiste du marché. « Les prix de vente dans l’ancien n’ont plus baissé en 2025 mais ils sont restés raisonnables et, comme les taux sont stables entre 3 et 3,5 %, les acheteurs reviennent. On est dans un marché de l’ancien dynamique », souligne-t-il. Parallèlement à cette tendance, le délai de vente d’un bien a également retrouvé un rythme plus normal. « Pendant et après le Covid, on était à 15 jours. Maintenant, on est revenu à 90 jours », se félicite Olivier Rouvière. De la même manière, il met en avant la reconstitution d’un stock de biens normal. « On dispose entre 50 et 80 biens à vendre et toutes les semaines, on en rentre. Il n’y a plus de rareté comme dans la période post-Covid. »
Pas de spéculation dans les trois ans
En quelque sorte, après des années d’excès à la hausse puis à la baisse, l’évolution du marché en 2025 permet au professionnel d’appréhender plutôt sereinement les trois prochaines années. « La seule problématique dans l’immobilier, c’est l’inflation qui, lorsqu’elle augmente, entraîne les taux d’emprunt. Donc sauf chaos majeur, la stabilité actuelle devrait se maintenir trois ans », pronostique Olivier Rouvière.
Évidemment, dans ce contexte, les vendeurs qui ont acheté pendant ou après le Covid ont intérêt à attendre avant de revendre. « Ça ne sert à rien d’espérer vendre plus cher rapidement. Nous sommes revenus dans une période normale où il ne peut plus y avoir de spéculation immobilière. Dans les trois prochaines années, les élections vont se succéder et rien ne va bouger au niveau législatif. Et du côté des acheteurs, compte tenu de la stabilité des taux, ils n’auront pas davantage d’argent », analyse le responsable Century 21.
À Lunel en tout cas, 2025 est encore le reflet d’un secteur porteur avec un profil d’acheteurs qui, au niveau de l’âge comme de la provenance, a tendance à évoluer. « On n’a plus de primo accédant car, aujourd’hui, pour un bien de 250 000 €, il faut un apport de 25000 à 30 000 €. Donc on est plutôt sur la génération 30-40 ans qui s’installe ici. » Les motivations d’installation demeurent le prix puisqu’une maison aujourd’hui vendue 450 000 € à Castelnau est encore accessible à Lunel autour 270 000 €.
Toutefois, la qualité de vie et l’environnement de la ville deviennent également des critères de choix en faveur de la cité pescalune. « On voit que Lunel se valorise de plus en plus. Des personnes de La Grande-Motte, de Montpellier ou de Nîmes demandent Lunel, ce qui ne se voyait jamais avant. Il ne manque plus que deux ou trois grosses enseignes en centre-ville et des parkings notamment dans le secteur du pont de Vesse. Si la future municipalité continue à investir dans le centre et à le rendre toujours plus agréable, cette tendance devrait s’amplifier », assure Olivier Rouvière.
L’agent immobilier souligne donc l’importance majeure du réaménagement de l’ancien hôpital République. « Il ne faut pas rater ce projet-là. Ce sera stratégique pour le développement du cœur de Lunel », insiste-t-il.
De fait, si le petit pavillon de 85 m2 avec 300 m2 reste le bien le plus demandé à Lunel, désormais, une appétence se développe chez les acheteurs pour les maisons de ville avec de la surface et à rénover.
Et ces investisseurs ne semblent absolument pas gênés par la mise en place de la piétonnisation.
La location au point mort
La crise continue de plus belle dans le marché locatif à Lunel (la ville est passée en zone tendue) comme ailleurs, tel est le constat d’Olivier Rouvière, dont les agences gèrent 950 biens en location. L’atonie du marché de la construction d’immeubles neufs et la raréfaction des investisseurs dans ce secteur en raison de l’absence de dispositifs nationaux d’incitation fiscale semblent avoir grippé durablement la machine.
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