Le "plan grand âge" de nouveau sacrifié : après la démission d’une ministre, le gouvernement repousse les mesures à une date inconnue
La présentation du "plan grand âge", initialement prévue mi-février, est de nouveau reportée suite à la démission de la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq. Mercredi soir, son cabinet a confirmé son départ vers l’Assemblée nationale, laissant en suspens cette réforme promise depuis 2018. Ce retard intervient alors que la Drees alerte sur l’urgence démographique : la France devra créer jusqu’à 200 000 emplois d’ici 2050 pour répondre aux besoins des seniors en perte d’autonomie.
Le "plan grand âge", grand perdant de la fin de présidence d’Emmanuel Macron.
Promesse du président de la République remontant 2018, qui devait enfin se concrétiser en ce mois de févirer 2026, le "plan grand âge" est de nouveau reporté avec le départ annoncé par le gouvernement de la ministre déléguée chargée des Personnes handicapées, Charlotte Parmentier-Lecocq.
Le report a été confirmé mercredi 4 février au soir par le cabinet de la ministre qui a annoncé son souhait de retrouver son siège de députée du Nord à l’Assemblée nationale.
Un plan repoussé sine die
Pour l’heure, aucune nouvelle date pour la présentation du plan n’a été fixée.
Ce dernier devait définir les réponses à apporter aux personnes en perte d’autonomie et aborder les questions de financement – qui financera les dépenses de demain ? quelle prise en charge individuelle ? Quelle solidarité entre les retraités ? – sans pour autant trancher la question.
Un plan réclamé depuis plusieurs années
Ce plan est réclamé depuis des années par les professionnels du secteur qui demandent des "mesures fortes", notamment en matière d’attractivité des métiers, et un effort budgétaire à l’heure où les plus de 60 ans représentent plus d’une personne sur quatre (27,7 %) contre 19, 6 % en 1994.
"Les prochains présidents et responsables politiques ne pourront plus dire qu’ils ne savaient pas", a réagi l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) dans un communiqué.
"Ils ne pourront plus s’exonérer d’apporter des réponses pour un présent plus digne pour les personnes âgées d’aujourd’hui et une perspective plus heureuse pour les jeunes qui seront ceux de demain", a-t-elle prévenu.
4 millions de personnes âgées d’ici 2050 ?
Selon les projections démographiques et épidémiologiques, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait, lui, atteindre près de quatre millions en 2050, contre un peu plus de deux millions en 2015.
Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publiée jeudi estime qu’il faudra entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires pour faire "prodiguer des soins de base" aux personnes âgées en perte d’autonomie en 2050.
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