Narcotrafic, violences sexuelles, cyberescroquerie, insécurité routière : un bilan de la sécurité 2025 contrasté dans le Gard

Abonnés
  • Le préfet Jérôme Bonet a détaillé le bilan de la sécurité 2025 entouré des représentants des services de police, justice et gendarmerie.
    Le préfet Jérôme Bonet a détaillé le bilan de la sécurité 2025 entouré des représentants des services de police, justice et gendarmerie. Midi Libre - E.A.
Publié le

En présence des représentantes des autorités judiciaires, policières et de la gendarmerie, Jérôme Bonet, le préfet du Gard, a livré, ce mercredi 4 février, les chiffres en matière de délinquance et de sécurité pour l’année 2025. Un bilan contrasté.

À travers une avalanche de chiffres, Jérôme Bonet, le préfet du Gard, a dressé le bilan en matière de sécurité sur le département, ce mercredi 4 février. Entouré de Marie-Charlotte Euvrard, sous préfète, et des représentants des autorités judiciaires (Cécile Gensac et Abdelkrim Grini, les procureurs de Nîmes et d’Alès) et des forces de l’ordre (Jean-Philippe Nahon, DIPN 30 et le colonel Emmanuel Casso pour la gendarmerie du Gard), il a détaillé, point par point, la situation de la délinquance sur le territoire.

Et autant dire qu’elle est contrastée. Si à Nîmes, en matière de délinquance, une certaine hausse est observée (+ 3,7 %) – avec un important point noir, celui du narcotrafic –, dans les autres grandes villes, les voyants sont plutôt au vert (Alès – 2,8 % ; Bagnols-sur-Cèze – 6 % ; Beaucaire – 9 %). "Mais ces chiffres donnent plutôt une photographie de l’action des services répressifs plutôt qu’une photographie du trafic en lui-même", nuance le préfet.

Trafic de drogues : sanctionner les trafiquants et les consommateurs

Et sur le trafic justement, les différents intervenants ont pris la parole, un par un, pour détailler les différentes actions mises en place pour tenter "d’affaiblir ces réseaux." À commencer par l’interpellation des trafiquants. "En 2025, 715 ont été arrêtées, soit une hausse de 3 %", précise le préfet. Et ils ne sont pas les seuls dans la ligne de mire des services de police et de justice : les consommateurs ont, eux aussi, été sanctionnés, "principalement via des amendes forfaitaires", ajoute-t-il. Ainsi, 3 645 personnes ont ainsi été verbalisées ou interpellées pour la consommation de stupéfiants. Une hausse de + 26,8 % par rapport à 2024. "C’est un message de fermeté", surenchérit le procureur d’Alès Abdelkrim Grini.

Une augmentation d’actions répressives, qui s’expliquent notamment par une présence renforcée des CRS, avec 247 jours en 2025 contre 57 en 2024. "Et plus il y a de policiers, plus il y a d’infractions constatées", résume Jérôme Bonet.

19 homicides dont 9 liés au narcotrafic

D’autres mesures ont également été prises pour endiguer ce fléau et "sortir du piège du narcotrafic". Comme la fermeture administrative de commerces suspectés de blanchiment ou de faciliter le trafic. En 2025, 5 ont ainsi été fermés dans le cadre de la loi narcotrafic. Six expulsions locatives et 22 interdictions de paraître sur des points de deal ont également été ordonnées.

Et la lutte ne s’arrête pas là. Cécile Gensac, la procureure de Nîmes, va plus loin, en précisant que la justice n’hésite plus à "taper dans le portefeuille" des délinquants, mais aussi des proches qui "profitent des recels de fonds acquis dans le cadre du trafic." Sans oublier la protection des mineurs qui sont, de plus en plus souvent, et de plus en plus jeunes, embrigadés dans ces réseaux.

Une multitude d’actions qui visent à faire diminuer le nombre de personnes tuées, en lien avec cette guerre de trafiquants. Guerre qui a fait, en 2025, neuf morts (Nîmes et Alès), pour un total de 19 homicides sur le département.

Augmentation des cas de violences intrafamiliales et violences sexuelles

Autre enjeu majeur évoqué lors de ce bilan, celui de la lutte contre toutes sortes de violences. Car si les chiffres sur le département démontrent une baisse des violences en dehors du cadre familiale (- 2 %), celles intrafamiliales sont en nette augmentation en revanche (+ 5,1 %) tout comme les violences sexuelles (+ 2,8 %). Mais là encore, face à ces chiffres, le préfet apporte une lecture nuancée. "Le focus réalisé par les forces de sécurité sur les violences intrafamiliales a consisté à accroître la capacité à prendre en charge les victimes". Plus de dépôts de plainte qui pourrait expliquer le nombre, en hausse, d’affaires traitées.

Baisse des cambriolages, des vols avec violence et de véhicule

Si le bilan de la sécurité, présenté par le préfet du Gard, est marqué par de nombreuses hausses, certains points sont toutefois positifs. À l’image des infractions liées à l’atteinte aux biens où, là, les chiffres sont à la baisse : – 9 % de vols avec violences, – 12 % de cambriolages de domicile, – 9,3 % de vols de véhicules.

Et afin de poursuivre cette dynamique, Cécile Gensac n’a pas manqué de rappeler la création d’un pôle violence intrafamiliale avec la spécialisation des magistrats du parquet.

Sécurité routière : 61 morts

Concernant la délinquance routière, là encore, "la pression est maintenue", avec 3 268 permis retirés en 2025, "soit 9 par jour", pour des faits liés à la consommation d’alcool ou de stupéfiants. Plus dramatique, le bilan fait état de 61 morts contre 63 en 2024. "Ce qui reste beaucoup trop", déplore le préfet. D’autant qu’aujourd’hui, ces infractions sont parfois combinées avec des refus d’obtempérer. "Et le risque pris est totalement disproportionné par rapport à ce qui arriverait au conducteur s’il se faisait interpeller pour l’infraction initiale", souligne Jérôme Bonet.

Pour la zone gendarmerie, le colonel Emmanuel Casso a fait remonter 200 refus en 2025, soit une dizaine de moins par rapport à 2024. Jean-Philippe Nahon, du côté de la police nationale, relève, lui 219 refus, contre 159 en 2024, soit un tous les deux jours. "Une hausse incontestable, à laquelle s’ajoutent des motivations de plus en plus incompréhensibles", indique-t-il.

Cyberescroquerie, un département particulièrement touché

L’autre augmentation conséquente sur le département concerne les infractions économique et financière, et notamment les escroqueries en ligne, avec + 11,8 %. "Une augmentation plus importante dans le Gard que sur les autres départements car, en général, les cibles de ces escrocs sont les personnes vulnérables, pauvres, isolées et âgées. Et si l’on renvoie à la démographie ou à l’étude sociographique de notre territoire, on a quand même bien des proies possibles pour ces hackers en ligne. C’est donc un véritable sujet qui nous amène à travailler la spécialisation et à retravailler avec les forces de sécurité intérieure, pour que l’on puisse, nous aussi, s’organiser en web patrouille", souligne la procureure Cécile Gensac.

Autant d’enjeux sur lesquels les différents représentants des services continueront de travailler, "ensemble, en réunissant nos différentes compétences afin de trouver des solutions, des innovations, des champs d’action pour mieux cibler et combattre cette délinquance", conclut Jérôme Bonet.

OQTF, sécurisation des écoles, bonbonnes de protoxyde d’azote…

273 OQTF délivrés en 2025, soit une hausse de 36 %. À cela s’ajoutent, en matière de lutte contre l’immigration irrégulière, l’interpellation de 758 personnes en situation irrégulière (+ 57 %) et 111 personnes éloignées.

203 bouteilles de protoxyde d’azote saisies en 2025 pour 21 faits constatés. De plus, le préfet Jérôme Bonet précise que, depuis la mise en place du nouvel arrêté concernant l’encadrement de l’usage détournant de ce "gaz hilarant", ce 2 février, un individu a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à livrer des stocks de bonbonne à une épicerie. "Preuve de l’efficacité de nos services de police", souligne-t-il.

219 contrôles réalisés au sein des établissements scolaires (55 dans des collèges et 64 dans des lycées). Des actions qui ont mobilisé plus de 700 policiers et gendarmes sur l’année. "Avec quelques saisies mais surtout, un message qui a été délivré pour éviter le drame comme il y a eu hier dans le Var (où une professeure a été poignardée par un collégien, NDLR)."

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement à cet article
1 semaine offerte
Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
3,99€/mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?

Les commentaires (1)
cyss12 Il y a 8 heures Le 05/02/2026 à 22:00

si on avez axer a sait réunion de police je pence que nous en temps que citoyen on peut faire évoluer les chose .