Procès des assistants parlementaires du RN : que va faire Marine Le Pen après les réquisitions du parquet à son encontre ?
Le parquet général a requis mercredi 4 février 2026 cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire à l’encontre de Marine Le Pen lors de son procès en appel à Paris pour détournement de fonds publics. Déjà condamnée en première instance, la figure du Rassemblement national voit son avenir politique s’assombrir dans l’attente de la décision de justice prévue pour l’été 2026.
Au procès en appel du Rassemblement national à Paris, cinq ans d’inéligibilité sans exécution provisoire ont été requis par le parquet général contre Marine Le Pen.
Si la sentence n’est pas encore actée et ne devrait pas l’être avant le début de l’été, l’avenir politique de la figure du parti lepéniste s’assombrit un peu plus. D’ici la décision de la cour d’appel, les chances de voir concourir Marine Le Pen à l’élection présidentielle de 2027 existent-elles encore ?
Va-t-elle se présenter à l’élection ?
Si la principale intéressée n’a pour l’heure pas communiqué sur les déclarations du parquet, un membre de son parti l’a fait à sa place. Ce mercredi 4 février, Jean-Philippe Tanguy assure que l’ex-patronne du RN "a toujours voulu pouvoir faire campagne dans des conditions normales, dans un rapport de vérité avec les Français". Se présentera-t-elle ? "C’est Marine Le Pen qui décidera", commente simplement le député de la Somme.
Peut-elle se présenter à l’élection ?
À ce jour, la fille du cofondateur du Front national est inéligible. Après la décision en première instance du tribunal correctionnel de Paris le 31 mars 2025, Marine Le Pen a été reconnue coupable de détournement de fonds, condamnée à une peine de quatre ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ainsi que 100 000 euros d’amende.
Mais qu’en sera-t-il à l’été après la décision de la cour d’appel ? "Si les réquisitions sont suivies, je serai empêchée" réagissait Marine Le Pen auprès de TF1-LCI après les annonces du parquet mardi.
Stratégiquement, se porter candidate à un an du scrutin n’est pas une mauvaise chose, d’autant que d’autres personnalités ont déjà annoncé leur intention ou du moins l’ont laissé sous-entendre, mais le cas de Marine Le Pen est directement lié à son parti.
Rétrogradée administrativement comme numéro deux du RN, la candidate aux trois dernières élections pourrait attendre le dernier moment – où l’été – pour officialiser sa campagne, à moins de passer le flambeau à un certain Jordan Bardella.
Que va-t-elle faire jusqu’à la décision de la cour d’appel ?
Mais l’expérimentée du scrutin présidentiel sait qu’on "ne peut pas se lancer dans une campagne présidentielle au dernier moment", comme elle l’expliquait au magazine Causeur.
Vient alors le moment de se poser les bonnes questions. Marine Le Pen a d’ores et déjà annoncé qu’elle donnerait sa décision de se porter (ou non) candidate à l’issue du procès en appel, mais sans pour autant attendre la sentence de la Cour de cassation qui ne devrait arriver qu’en septembre (si elle se pourvoit), ni celle du Conseil constitutionnel, ultime arbitre de la présidentielle.
D’ici à l’été 2026, les avocats du Rassemblement national vont plaider la cause du parti du 4 au 12 février à la cour d’appel de Paris. De leurs côtés, Jean-Philippe Tanguy et les députés vont poursuivre le combat politique à l’Assemblée.
Quant à Jordan Bardella, son avenir présidentiel s’inscrit de plus en plus en marge de sa figure tutélaire, malgré son soutien inconditionnel à l’héritière du parti. D’après Jean-Philippe Tanguy, le numéro du RN se pliera à la décision de Marine Le Pen : "Comme nous tous, (il) s’est engagé en politique en suivant la personnalité et le programme de Marine".
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