Promesses d’argent facile via WhatsApp, MLM, fraude au faux conseiller bancaire… Voici les escroqueries dont il faudra (encore) se méfier en 2026
Plus la technologie progresse, plus les escrocs s’améliorent. En 2026, préparez-vous à être tout autant voire davantage ciblés par des malfaiteurs. Promesses d’argent facile, SMS piégés, faux appels… Deux experts ont listé pour vous les arnaques dont il faudra se méfier cette année.
En 2024, des arnaqueurs ont convaincu un salarié d’une multinationale de leur virer 26 millions de dollars. Leur prouesse : prendre la voix et l’apparence de plusieurs membres du conseil d’administration grâce à l’intelligence artificielle. Contactée par visioconférence, la victime n’y a vu que du feu. Cette histoire, c’est Youna Chosse-Bentabed, spécialiste en cybersécurité et en ingénierie sociale, qui nous la conte. Comme Pascal Tonnerre, président du Réseau anti-arnaques (RAA), elle surveille scrupuleusement ces escroqueries. Des exemples, ils en ont à la pelle. Pour Midi Libre, ils listent ce dont il faudra se méfier cette année.
Les arnaques du quotidien
"Les grands classiques" ne faiblissent pas, lance d’emblée Pascal Tonnerre : les appels et SMS de faux livreurs, de faux conseillers bancaires, des soi-disant services des impôts ou de l’Antai, en charge du traitement des infractions. Pire, ils se renforcent avec "les fuites de données récentes", abonde Youna Chosse-Bentabed. Ajoutez l’IA, "qui rend les scripts de plus en plus crédibles. Tout le monde peut-être piégé". En cas de doute, "raccrochez et rappelez un autre numéro". Surtout, respirez. "Les arnaqueurs jouent sur le biais de l’urgence. Prenez 30 secondes, car il n’y a aucune urgence qui oblige à agir aussi vite, assure-t-elle. Aussi, évitez de cliquer sur les liens, passez plutôt par les sites officiels, contrôlez où vous allez".
À lire aussi : Neuf Français sur dix sont-ils vraiment concernés par des fuites de données comme l’évoque un "gentil hacker" ?
Les fausses promesses
"Faites de l’argent facilement sans bouger de chez vous" : voilà encore une arnaque qui a la vie dure. Autrefois, les escrocs passaient par les réseaux sociaux pour trouver des proies. Maintenant, ils investissent WhatsApp et Telegram. "Ils sont super forts : dans certains groupes, les membres viennent du même endroit. Ça rend la proposition cohérente", salue presque Youna Chosse-Bentabed. Dans la même veine, Pascal Tonnerre recommande de se méfier des propositions d’investissements financiers (trading, cryptomonnaies) et des "formations extraordinaires, surtout en marketing digital, pour devenir autoentrepreneur et générer des revenus". Des domaines vastes et périlleux.
Les arnaques pyramidales, dérivées du MLM
"Le marketing multiniveau (MLM) repart de plus belle", poursuit Pascal Tonnerre. Bien-être, santé, parfums, voire même énergie solaire : les marchés sont pluriels. Tant que les revenus générés proviennent de vos ventes et de celles de vos recrues, le Code de la consommation n’interdit pas le MLM. Il devient illégal lorsque le recrutement devient la base de vos gains : "Dans les MLM industrialisés, il faut recruter, recruter, à la limite on s’en fiche même du produit". On parle d’arnaque pyramidale. Prudence, donc, avant de vous engager.
Les arnaques boostées à l’IA
L’arnaque dont a été victime le salarié évoqué est particulièrement élaborée, mais les escroqueries à la voix ou à l’image sont de plus en plus courantes. "Certains se font passer pour un proche qui a besoin d’argent, qui est en danger, rapporte Youna Chosse-Bentabed, conseillant aux gens de se créer une phrase secrète, quelque chose d’intime, introuvable sur le Net, pour pouvoir vérifier l’identité". Ces fausses voix, photos et vidéos reviennent souvent dans les escroqueries sentimentales, de plus en plus redoutables dans une société marquée par une "grande solitude". Le cas d’Anne, piégée par un faux Brad Pitt, est un exemple parmi tant d’autres.
Les faux fonds de récupération
Pascal Tonnerre alerte enfin sur une arnaque "en plein essor", celle des faux cabinets promettant de retrouver les fonds perdus. "Ça peut être le même escroc qui relance ses victimes, ou d’autres qui font leur pub", principalement via les réseaux sociaux. "Ils vous assurent que vous serez remboursés dans le mois, mais évidemment, ils vont vous demander une participation aux frais".
Alors que faire ?
"Si on vous dit de payer, ne payez rien", tranche le représentant du Réseau anti-arnaques. Mieux vaut accepter la perte que de "replonger dans le système". Souvent, les escrocs sont à l’étranger. "C’est déjà difficile de récupérer vos avoirs en France, alors ailleurs…" Oubliez. Aussi, en parler, "car il faut que la honte change de camp", et "car cela permet d’éveiller la vigilance chez les autres", martèle Youna Chosse-Bentabed. Signaler sur la plateforme Signal Conso, joindre la DGCCRF… "Cela ne changera rien pour la victime, admet Pascal Tonnerre, mais l’alerte pourra être exploitée par les autorités judiciaires pour démanteler, peut-être, les réseaux".
J'ai déjà un compte
Je me connecteVous souhaitez suivre ce fil de discussion ?
Suivre ce filSouhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?