ASBH : un club sportif est-il une entreprise comme les autres ?
Jeudi 4 juillet, le club house de l’association ASBH a accueilli, à Béziers, le Club éco de Midi Libre. Animées par le directeur de la rédaction de Midi Libre, Olivier Biscaye, et Laurent François, journaliste responsable des sports à la rédaction de Béziers, ces deux tables rondes ont permi de recueillir des témoignages d’une rare franchise. Tandis que la première abordait le cas unique de la gestion par une collectivité locale d’un club de rugby, au budget chiffré en millions d’euros, la seconde offrait une diversité poignante de parcours de vie d’athlètes de hauts niveaux inégalement dotés et financés selon la popularité des sports qu’ils pratiquent. Une soirée intense, riche en témoignages et en cris du cœur.
"En une nuit il y a 3 ans, nous avons trouvé 1,2 million d’euros pour sauver le club", rappelle Robert Ménard, maire de Béziers et, de facto, patron de l’ASBH par l’intermédiaire d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). La municipalité qui détient les deux-tiers des parts et ses codétenteurs reviennent ce 5 juillet sur les leçons à tirer de cette gestion.
Un cas unique ou presque en France – exception faite d’un club de basket à Levallois-Perret, en Île de France – qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué également beaucoup de défiance, à en croire notamment les autres actionnaires présents ce soir-là : "J’ai été choqué de voir des partenaires historiques de club traînés dans la boue pour leur offre de reprise", commente Matthieu Ourliac président de Caminarem et actionnaire du club. Un sentiment a priori partagé par le reste des intervenants.
Deux repreneurs sérieux pour dix "escrocs" ?
Cette gestion publique qui exige d’aller régulièrement réinjecter des fonds s’éternise et exaspère l’édile biterrois : "Au départ je pensais que c’était pour une période limitée. Il y a un certain nombre de gens fortunés dans cette ville qui ne cessent de me répéter qu’ils aiment le club et qui n’ont pas donné un rond, pas un centime. Alors que je suis allé les voir tous."
Aujourd’hui, la municipalité serait donc en discussion avec deux racheteurs potentiels et sérieux après avoir écarté de nombreux profils douteux, de potentiels "escrocs", voire "du milieu toulonnais", raconte Robert Ménard, qui déclare en avoir été averti par un membre du gouvernement : "J’ai reçu un appel d’un ministre qui me dit "mais vous savez qui sont les gens avec qui vous négociez en ce moment ?"".
Gérer un club c’est "Investir de manière irrationnelle"
Un rachat sérieux serait-il suffisant, comme s’il se fut agi de n’importe quelle entreprise, pour faire des bénéfices ? Irréaliste, pour le maire de Béziers : "Qui peut me dire aujourd’hui à Béziers, avec l’ASBH, je vais gagner de l’argent ? Ce n’est pas vrai." Matthieu Ourliac abonde : "C’est quelque chose en quoi on a plutôt tendance à investir de manière irrationnelle, par philanthropie".
Et tous s’entendent enfin sur cet enseignement à tirer de la gestion d’un club : au rugby comme dans tout sport, il faut accepter d’échouer et de tirer leçon de ces échecs. Chose dont devrait plus s’inspirer selon eux le monde de l’entreprise.
En attendant, cette année, le club n’a pas perdu d’argent, a fait une bonne saison en Pro D2 et s’apprête déjà à repartir de plus belle. Robert Ménard enfin, a appelé au don : "Je me retourne vers les riches Biterrois, il faut donner 50 000 €, l’appel est lancé".
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