ASBH : un club sportif est-il une entreprise comme les autres ?

  • Robert Ménard, patron de l’ASBH et d’autres actionnaires, partenaires ou patrons de clubs du Biterrois.
    Robert Ménard, patron de l’ASBH et d’autres actionnaires, partenaires ou patrons de clubs du Biterrois. Midi Libre - MICHAEL ESDOURRUBAILH
Publié le , mis à jour

Jeudi 4 juillet, le club house de l’association ASBH a accueilli, à Béziers, le Club éco de Midi Libre. Animées par le directeur de la rédaction de Midi Libre, Olivier Biscaye, et Laurent François, journaliste responsable des sports à la rédaction de Béziers, ces deux tables rondes ont permi de recueillir des témoignages d’une rare franchise. Tandis que la première abordait le cas unique de la gestion par une collectivité locale d’un club de rugby, au budget chiffré en millions d’euros, la seconde offrait une diversité poignante de parcours de vie d’athlètes de hauts niveaux inégalement dotés et financés selon la popularité des sports qu’ils pratiquent. Une soirée intense, riche en témoignages et en cris du cœur.

"En une nuit il y a 3 ans, nous avons trouvé 1,2 million d’euros pour sauver le club", rappelle Robert Ménard, maire de Béziers et, de facto, patron de l’ASBH par l’intermédiaire d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic). La municipalité qui détient les deux-tiers des parts et ses codétenteurs reviennent ce 5 juillet sur les leçons à tirer de cette gestion.

Un cas unique ou presque en France – exception faite d’un club de basket à Levallois-Perret, en Île de France – qui a fait couler beaucoup d’encre et provoqué également beaucoup de défiance, à en croire notamment les autres actionnaires présents ce soir-là : "J’ai été choqué de voir des partenaires historiques de club traînés dans la boue pour leur offre de reprise", commente Matthieu Ourliac président de Caminarem et actionnaire du club. Un sentiment a priori partagé par le reste des intervenants.

Deux repreneurs sérieux pour dix "escrocs" ?

Cette gestion publique qui exige d’aller régulièrement réinjecter des fonds s’éternise et exaspère l’édile biterrois : "Au départ je pensais que c’était pour une période limitée. Il y a un certain nombre de gens fortunés dans cette ville qui ne cessent de me répéter qu’ils aiment le club et qui n’ont pas donné un rond, pas un centime. Alors que je suis allé les voir tous."

Aujourd’hui, la municipalité serait donc en discussion avec deux racheteurs potentiels et sérieux après avoir écarté de nombreux profils douteux, de potentiels "escrocs", voire "du milieu toulonnais", raconte Robert Ménard, qui déclare en avoir été averti par un membre du gouvernement : "J’ai reçu un appel d’un ministre qui me dit "mais vous savez qui sont les gens avec qui vous négociez en ce moment ?"".

Gérer un club c’est "Investir de manière irrationnelle"

Un rachat sérieux serait-il suffisant, comme s’il se fut agi de n’importe quelle entreprise, pour faire des bénéfices ? Irréaliste, pour le maire de Béziers : "Qui peut me dire aujourd’hui à Béziers, avec l’ASBH, je vais gagner de l’argent ? Ce n’est pas vrai." Matthieu Ourliac abonde : "C’est quelque chose en quoi on a plutôt tendance à investir de manière irrationnelle, par philanthropie".

Et tous s’entendent enfin sur cet enseignement à tirer de la gestion d’un club : au rugby comme dans tout sport, il faut accepter d’échouer et de tirer leçon de ces échecs. Chose dont devrait plus s’inspirer selon eux le monde de l’entreprise.

En attendant, cette année, le club n’a pas perdu d’argent, a fait une bonne saison en Pro D2 et s’apprête déjà à repartir de plus belle. Robert Ménard enfin, a appelé au don : "Je me retourne vers les riches Biterrois, il faut donner 50 000 €, l’appel est lancé".

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Les commentaires (9)
Milac Il y a 1 année Le 13/07/2024 à 14:09

Autant en sauvant le club avec de l'argent public et en plaçant des hommes de paille à la tête du club , le maire a agi promptement pour sauver plus qu'un club , un morceau important du patrimoine biterrois , autant aujourd'hui en ne donnant pas les coudées franches au c repreneurs du club , sous prétexte due le monde du sport regorge d'escrocs , il devient un obstacle pour l'avenir et la survie du club . Ce n'est pas en faisant les fonds de poches des riches biterrois que l'argent va ruisseler . Béziers n'est ni La Rochelle , ni Biarritz , c'est une des villes les plus pauvres de France selon le fisc. Donc, il est risqué de prendre un' pseudo mécène qui risque d'échouer , mais le maintien d'un club municipal n'est pas tenable , les autorités de contrôle sont bienveillantes ( état et fédération) mais ça ne va pas durer .

Ha oui Il y a 1 année Le 10/07/2024 à 07:12

On a comme l'impression de gueules de bois !

Marexx Il y a 1 année Le 09/07/2024 à 13:02

Il va falloir arrêter d'écrire que Robert Ménard est le « patron » de l'ASBH. Le patron de l'ASBH, ce sont les Biterrois qui renflouent chaque année par leurs impôts les caisses de ce club mythique. Car, dans cet univers professionnel et financier qu'est devenu le rugby, le patron, c'est celui qui y met ses sous ! Il faut aussi arrêter de penser que la solution viendra du maire. Robert Ménard est un repoussoir pour n'importe quel investisseur censé. Omnipotent, omniprésent allant jusque dans les vestiaires pour expliquer comment il faut jouer au rugby (alors qu'il ne comprend rien à ce jeu), ses dérapages médiatiques répétés et incontrôlés ne peuvent qu'effrayer de potentiels repreneurs. En conclusion , Robert Ménard n'est, ni le sauveur, ni la solution pour l'ASBH, il est, en définitive, le problème qui empêche la résurrection de notre club légendaire. Avec lui, l'ASBH n'a pas fini de végéter en Pro D2...

SimonCussonet Il y a 1 année Le 10/07/2024 à 09:00

Il l'est de fait que ça vous plaise ou non, le patron et sans lui nous n'aurions pas vécu de beaux moments de rugby cette année car l'équipe végèterai en nationale voire en fédérale. C'est bien de vouloir propagander via le rugby mais il ne faut prendre les supporters pour ce qu'ils ne sont pas. Vous écrivez:"Robert Ménard est un repoussoir pour n'importe quel investisseur censé", lisez un peu les articles au lieu de raconter des balivernes, les collectivités investissent, les privés investissent, Genvia investit et va investir énormément. A qui vous allez faire croire qu'avec vos copains qui viennent de se faire éjecter, et dont personne ne veut, vous auriez plus d'investisseurs? Si c'est pour végéter en pro D2 comme on l'a fait cette année avec cette qualité de jeu , je signe, plutot que de les voir se prendre des roustes tous les week end en top 14.