Les athlètes héraultais témoignent des inégalités de financement dans le monde du sport

Abonnés
  • L’apnéiste Brigitte Banégas, la boxeuse Selma Renier et la marathonienne Rosa Gangloff
    L’apnéiste Brigitte Banégas, la boxeuse Selma Renier et la marathonienne Rosa Gangloff Midi Libre - Mickaël ESDOURRUBAILH
Publié le

Lors de la seconde table ronde du Club éco de Midi Libre du 4 juillet à Béziers, animée par Laurent François, journaliste responsable du sport à l'agence Midi Libre de Béziers, des athlètes de haut niveau ont témoigné de leur rapport à l’argent et de leurs difficultés à faire face, au présent comme à l’avenir.

Avant même que le thème ne soit abordé dans une seconde table ronde, Robert Ménard reconnaissait que la municipalité subventionnait déjà "10 fois plus trois associations sportives que les 150 autres de Béziers".

C’est une réalité, en fonction de la popularité d’un sport, qu’il soit individuel ou collectif, les moyens financiers qu’on y trouve ne sont pas du tout les mêmes. C’est ce dont ont témoigné les invités de la table ronde, tous des athlètes de haut niveau pourtant célèbres dans leurs disciplines respectives.

"Beaucoup d’efforts et de soutien familial"

Résidant à Valras, Brigitte Banégas, sans doute à ce jour la meilleure apnéiste du monde dans sa catégorie, raconte : "Je n’ai jamais vraiment eu de sponsors à part des équipementiers. Tout ça demande beaucoup d’efforts et de soutien familial." Pour cause, une saison à ce niveau coûte autour de 20 000 €, sans compter le manque à gagner pour qui ne peut travailler sur les temps de préparation physique et d’entraînement, un chiffre récurrent pour beaucoup d’autres disciplines et qui "pèse sur le budget familial".

Même situation pour la Biterroise Rosa Gangloff, marathonienne de haut niveau, déficiente visuelle et sélectionnée aux Jeux Paralympiques de Paris 2024 : "C’est surtout mon mari qui finance énormément. – qui est aussi ses yeux durant la moitié de la course, NDLR – Je suis salariée dans le club, subventionné par Béziers. Mon président me paye aussi les paires de chaussures à 350 € dont je dois changer tous les trois mois." Une situation qui laisse à charge les nombreux frais en déplacement.

Un avenir difficile à prévoir

Pour Selma Renier, championne de France de boxe et dont l’entraîneur estime qu’elle a "le potentiel pour viser l’Europe", la situation est encore plus compliquée. Âgée d’à peine 20 ans, elle vit essentiellement d’un petit job et a dû, pour les huit semaines d’entraînement aux championnats de France, se mettre en congé sans solde. De même que ses coaches trouvaient du temps pour se relayer chaque demi-journée comme bénévoles. Une situation face à laquelle son employeur se serait montré peu flexible et peu amène à reconduire si elle ne pouvait prévenir "dès aujourd’hui d’une situation comme celle-là. Mais on ne peut pas prévoir les choses comme ça", explique-t-elle.

En comparaison, les dotations en cas de victoire de titres importants comme pour le championnat de France lui rapportent autour de 5 000 € : "Ridicule pour tous les sacrifices qu’il y a derrière", estime son entraîneur Patrice Guidoni.

Également présents, Clément Ancély, capitaine de l’ASBH et Benjamin Bagate, directeur du centre de formation ont humblement reconnu les privilèges de leur situation, avec des salaires beaucoup plus important dès la professionnalisation. Tout en mettant l’accent sur le plus gros défi de toute carrière professionnelle de haut niveau, et souvent de courte durée : la difficulté à retrouver un emploi par la suite. Mais Clément Ancély a salué l’évolution du centre de l’ASBH qui l’a formé : "À mon époque, ce qu’on attendait de nous au niveau des études n’était pas aussi important, et c’est une excellente chose que ça ait changé", affirme-t-il alors qu’il vient justement de décrocher un master en management avec l’aide du syndicat des rugbymen.

Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement à cet article
1 semaine offerte
Cet article est réservé aux abonnés
Accédez immédiatement
à cet article à partir de
3,99€/mois
Voir les commentaires
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?