Le sport au bénéfice de la santé en entreprise dans le Gard, par quels leviers ?
Qui dit bien-être, dit bonnes performances. C’est désormais un précepte managérial. Et qui dit santé, dit sport. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) offre ainsi un levier d’action aux dirigeants pour amériorer le quotidien de leurs personnels. Mais cette problématique dépend de dispositions d’esprit qui s’étendent au-delà du seul pouvoir d’action des entreprises, jusque dans l’enseignement, c’est ce qu’ont mis en lumière les intervenants de la soirée du 3 juillet autour du Club éco de Midi Libre.
Jonathan Dumazert est directeur et enseignant en sport adapté chez la toute jeune société Sport Santé Méditerranée. Si le "sport santé" est pratiqué avant tout sur ordonnance pour des publics atteints de pathologies chroniques ou en situation de handicap, le jeune chef d’entreprise insiste sur le fait que de plus en plus, le sport adapté se développe pour la prévention sanitaire en entreprise et qu’il faut encourager sa pratique : "On essaie de mettre en place auprès des professionnels des protocoles de trois mois basés sur des recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) ou de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), et en lien avec des collectivités ou des associations. On pose des objectifs en fonction des groupes et on les oriente pour qu’ils puissent réellement prendre du plaisir dans l’activité physique, afin de la réintroduire durablement dans leur mode de vie."
Jonathan constate régulièrement que les bonnes volontés sont là mais qu’à défaut de temps, les employés ne savent pas comment s’organiser ni vers qui se tourner. De ce besoin de se sentir accompagné et d’être mis en relation avec un tissu local est née sa société : "Et l’accompagnement dans la prévention sanitaire est un enjeu de santé publique, ne serait-ce que pour diminuer la mortalité ! Les personnes qui pratiquent une activité sportive régulière sont par exemple quatre fois moins sujettes aux accidents vasculaires cérébraux (AVC)."
Changer les cultures, jusque dans l’enseignement
Même constat pour Enzo Giorgi, vice-champion du monde handisport en escrime au sabre en 2020 : "Moi j’ai la chance d’avoir un handicap qui est assez léger, mais pour les côtoyer, beaucoup ont l’impression qu’ils ne peuvent rien faire en fauteuil. Mais on peut faire à la hauteur de ses moyens. Le but c’est que tout le monde arrive avec ce qu’il peut faire, à se challenger. Il y a aussi un travail éducatif à conduire, ce n’est pas que pour les quadragénaires."
Pour Benoît Roig, président d’Unîmes, cette lutte contre la peur de la sous-performance se joue tout au long de la scolarité : "Comme on dit chez moi le sport c’est le sang ! L’enjeu c’est de faire comprendre que le sport c’est un bien pour votre vie de tous les jours. Et nous, c’est tant au niveau de nos personnels – je ne suis pas une entreprise et finalement j’ai quand même 300 personnes – que de nos étudiants qu’il faut faire passer ce message et surtout proposer la possibilité de la pratique physique et sportive dans l’établissement."
En inaugurant des salles équipées (de futsal, notamment), en proposant au cas par cas aux étudiants en détresse et souvent isolés après la pandémie des activités, le lien social abîmé s’est petit à petit recréé. Au point que le dispositif a d’ailleurs été maintenu. Autant de pistes à considérer à l’heure de la démocratisation du télétravail.
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