"Derrière les statistiques, des vies brisées" : l’année 2025 a fait 3 513 morts sur les routes, une hausse de 2,1 % dans l’Hexagone et 6 % en Outre-mer
La mortalité routière a progressé en 2025 avec 3 513 décès enregistrés sur l’ensemble du territoire français, selon le bilan de l’ONISR. Cette hausse de 2,1 % dans l’Hexagone et 6 % en Outre-mer s’accompagne d’une augmentation de 4 % des blessés graves. Face à ces chiffres, le gouvernement dénonce une réalité inadmissible et pointe de nouveaux risques comme l’usage du protoxyde d’azote au volant. Les autorités annoncent un durcissement législatif, ciblant aussi l’explosion de la mortalité en trottinette.
Ce qu’il faut retenir ;
- Le bilan de la sécurité routière 2025, dévoilé ce vendredi 30 janvier 2026, affiche une hausse de la mortalité avec 3 513 tués sur l’ensemble du territoire national (Hexagone et Outre-mer). Le nombre de blessés graves augmente également de 4 %, atteignant 16 600 victimes.
- La mortalité des utilisateurs de trottinettes électriques explose avec 80 morts (+ 77 % par rapport à 2024). Face à l’usage de protoxyde d’azote au volant, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, annonce des dispositions législatives répressives dans les semaines à venir.
- Les bilans sont contrastés selon les zones : les décès augmentent sur les autoroutes et hors agglomération, mais reculent en ville. L’ONISR note une hausse inquiétante chez les mineurs de 0 à 13 ans (58 tués), souvent due à des dispositifs de retenue mal utilisés par les parents.
La mortalité routière est repartie à la hausse en 2025 avec 3 260 tués dans l’Hexagone et 253 dans les Outre-mer. Ces chiffres ont été dévoilés ce vendredi 30 janvier 2026, par la ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, dans un communiqué.
Dans l’Hexagone, la mortalité a ainsi augmenté de 2,1 % par rapport à 2024, une hausse qui a atteint 6 % dans les territoires ultramarins.
Au total, ce sont "3 513 vies perdues" sur l’ensemble du territoire national, résume le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR).
Le nombre de blessés graves, indicateur clé des séquelles à long terme, grimpe lui aussi de 4 % avec 16 600 victimes.
Derrière les statistiques, il y a des vies brisées
Face à ces statistiques, la ministre déléguée Marie-Pierre Vedrenne a rappelé la dimension humaine du drame lors d’une conférence de presse : "Derrière les statistiques, il y a des vies brisées, des familles endeuillées et des trajectoires stoppées nettes", a-t-elle déclaré, soulignant que la sécurité routière est "malheureusement un sujet de mort".
Si les causes habituelles demeurent prépondérantes (alcool, stupéfiants, vitesse), les autorités s’alarment de l’apparition de facteurs inédits notamment "l’usage détourné" de substances comme "le protoxyde d’azote, qui constitue un danger immédiat sur la route" comme l’ont illustré de récents faits divers.
L’inquiétude du protoxyde d’azote et des trottinettes électriques.
"Il y a urgence à agir" contre cette pratique, a confirmé vendredi sur France Inter Laurent Nunez. "On appelait ça le gaz hilarant, c’était drôle, c’était marrant puis on s’est rendu compte que ça altérait quand même significativement le discernement". "On est en train de préparer des dispositions législatives qui sont intégrées dans un projet de loi sur la sécurité du quotidien, qu’on discutera dans les semaines qui viennent et qui permettront de réprimer l’usage" de protoxyde, a ajouté le ministre l’Intérieur.
L’analyse précise des accidents mortels révèle une "hécatombe" concernant les nouvelles mobilités comme les trottinettes électriques.
La mortalité des utilisateurs de ces engins explose : 80 morts, soit 35 de plus qu’en 2024 (+ 77 %).
Pour la déléguée interministérielle à la Sécurité routière, Estelle Balit, cette hausse s’explique par une perception erronée du danger : "C’est un mode de déplacement qui est très prisé de la jeune population et qui a cette idée de jouet pas dangereux".
Elle pointe des comportements illégaux devenus banals, notant qu'"on monte à deux dessus" ou qu’on utilise des écouteurs alors que "c’est totalement interdit". Elle regrette par ailleurs que le port du casque ne se développe que "très peu" chez ces usagers.
Les cyclistes, eux aussi plus touchés (234 morts, + 10), sont appelés à une prise de conscience dans leurs interactions avec les piétons (501 tués).
Les enfants mal attachés
L’analyse démographique révèle une autre tendance alarmante : la hausse de la mortalité chez les mineurs, notamment les 0-13 ans (58 tués, + 12). Si ces enfants sont parfois piétons, "la plupart étaient passagers" de véhicules, souligne Estelle Balit, mettant en cause le mauvais usage des dispositifs de retenue.
Outre les 13 % de Français qui ne bouclent toujours pas leur ceinture, la déléguée pointe une négligence parentale spécifique, "le fait de mal attacher ses enfants". "Avec la multiplication des sièges auto, beaucoup de parents pensent avoir bien attaché leur enfant. Or l’enfant est mal attaché".
Les données de l’ONISR confirment des déséquilibres structurels. Les hommes restent largement surreprésentés dans l’accidentalité, comptant pour 7 7 % des tués.
Et la mortalité augmente sur les routes hors agglomération (+ 57 tués) et les autoroutes (+ 24) tandis qu’elle recule en ville (-14).
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