« J’ai en tête la métamorphose des quartiers et le quotidien des habitants »
Le maire sortant Paulette Gougeon a déclaré officiellement sa candidature au Pavillon des Arènes, ce vendredi soir. Midi Libre l’a rencontrée pour connaître ses motivations, son bilan après six mois à la tête de la Ville et ses intentions.Interview.
Quand avez-vous pris la décision d’être candidate ?
Je suis élue depuis l’été. Au départ, j’ai pris mes marques, puis nous avons sorti des projets. Grâce à l’État, on a mené le combat contre le narcotrafic, on a bouclé le plan Métamorphose2030. Par ailleurs, lors du conseil municipal du 4 décembre, je suis heureuse qu’on ait voté le projet de nouvelle gendarmerie qui était bloqué depuis dix ans. Bref, depuis l’été, je me suis vraiment concentrée sur le travail à faire avec sérieux et engagement et avant les fêtes, je me suis dit : il faut être clair avec les Lunellois et dire que je suis prête à poursuivre ce travail avec une équipe, un projet et une vision pour l’avenir.
Quand, en juin 2025, vous prenez la décision de vous présenter au fauteuil de maire à la suite du décès de Pierre Soujol, vous n’êtes pas convaincue que vous serez candidate en 2026 ?
Non. J’avais promis à Pierre Soujol que, quoi qu’il arrive, j’irai jusqu’à la fin du mandat. Dans ma tête, en lui succédant, je tenais cette promesse. Puis, j’ai découvert la fonction de maire. Je pense que ces quelques mois, depuis cet été, m’ont fait prendre davantage conscience que j’étais prête. Le fait d’avoir été élue a rebattu les cartes. Vous vous révélez encore plus, vous devenez maire sortant.
À travers ce choix d’être candidate, y a-t-il une forme de challenge en tant que femme et surtout première femme maire de Lunel ?
J’ai beaucoup entendu des femmes et des hommes se réjouir qu’une femme devienne maire de Lunel. Pourquoi ? Je ne sais pas. Pour ma part, quand j’ai été élue en 2012, on m’a dit : “Oh là là, tu prends la Pescalune, c’est un milieu masculin. Tu vas voir, c’est difficile tout ça”. Puis, on m’a remis le couvert quand j’ai été réélue en 2014 : “Oh la la, le service technique, c’est un monde d’hommes. Tu vas voir, ça va être compliqué”. Finalement, tout s’est bien passé. Une main de fer dans un gant de velours.
Les pressions pour que vous rejoigniez un candidat ou la défiance de Stéphane Dalle à votre égard ont-elles pesé dans votre décision ?
Non, ça n’a pas joué du tout. Chacun est libre de faire ce dont il a envie. Ça reste la démocratie. Quant aux coups depuis l’été, je les ai pris, encaissés. Je n’ai pas voulu répondre. Je me suis dit : le terrain, mon travail, notre travail valent mieux que des grands discours. Et je veux insister encore et remercier le socle d’élus qui est toujours là.
Avez-vous été surprise par les attaques, en particulier le départ de celle que vous aviez nommée 1re adjointe, Véronique Michel ?
Non, pas du tout. Je m’en doutais. Je pense qu’elle a écouté le chant des sirènes. Tant pis. C’est dommage parce que, franchement, je pense que nous étions le yin et le yang. On n’avait pas du tout le même caractère mais on était complémentaires.
Finalement j’ai été libérée par ces départs car c’est difficile de travailler avec des gens dans lesquels vous n’avez plus confiance.
En choisissant le slogan “Mon parti, c’est Lunel” : vous affichez la continuité avec la politique de Pierre Soujol. Pourquoi ce choix ?
ça reste la liste de la majorité municipale. Donc oui, il y a une forme de continuité. Nous avions un maire visionnaire qui a laissé une ville structurée avec des projets importants. à moi maintenant de faire vivre et de poursuivre cet héritage avec lucidité mais aussi avec ma propre vision et ma sensibilité.
Quelle serait la différence entre la politique de Pierre Soujol et celle de Paulette Gougeon ?
Je veux ajouter une attention forte aux habitants. Il a fait la métamorphose du cœur de ville et, sur ce point, il y a encore des projets en cours comme l’îlot pharmacie et l’îlot Renard ou des projets dans les tuyaux qu’on continuera. C’est une certitude. Mais moi, j’ai également en tête la métamorphose des quartiers et le quotidien des habitants.
Il faut notamment les protéger. C’est une des priorités du maire. Il faudra de la fermeté, des tolérances zéro, pour les trottinettes par exemple.
D’autres candidats revendiquent la continuité, qu’est-ce qui vous différencie, par exemple, de Stéphane Dalle ?
Cela fait tout de même dix-sept ans que je côtoie les couloirs de la mairie. Les gens me connaissent. J’ai toujours été sur le terrain. Je suis dans le dialogue, dans la proximité. Je pense que c’est déjà une différence avec les autres candidats. J’ai aussi l’expérience de la ville, des habitants, du quotidien… la réactivité. Je suis à l’écoute, dans le dialogue.
"Je ne sais pas pourquoi mais je pense qu’on aura une surprise dans ces élections"
Si vous êtes élue en mars, serez-vous à nouveau candidate à la présidence de l’Agglo et estimez-vous toujours que celle-ci doit revenir à la ville centre ?
Pour l’instant, je pense à la ville. Il faut gagner des élections. Après, l’Agglo, on verra. Les rapports avec Jérôme Boisson se sont apaisés. Au début, il y a eu maldonne avec cette petite compétition. Mais ce n’était pas entre lui et moi. Avant cette candidature, j’avais surtout dit que les Lunellois ne comprendraient pas si je ne me présentais pas. C’était plutôt dans ce sens-là. Après, je pense qu’il faut travailler en bonne intelligence avec l’Agglo comme c’est le cas désormais, et ne pas forcément revendiquer une présidence de l’Agglo. Mais une vice-présidence quand même ! (sourire, NDLR)
Compte tenu de la fragmentation du bloc central, seriez-vous prête etfavorable à des alliances avant le premier tour ?
Je viens d’annoncer ma candidature, ce n’est donc pas du tout à l’ordre du jour. Pour l’instant, je vais partir avec une équipe et on verra après le premier tour.
Le PS vous a rejoint très tôt. Quelle place accorderez-vous à la gauche et quelle sera l’identité de votre liste ?
C’est une liste sans étiquette. Ce qui m’intéresse, ce sont les gens qui s’investissent pour leur ville. Le PS me soutient et le soutien de LR est en cours. Mais le but, c’est l’intérêt général, l’intérêt pour Lunel. Notre parti, c’est Lunel.
Quelle sera votre attitude au soir du premier tour ? Serez-vous prête à fusionner votre liste si nécessaire ?
Honnêtement, chacun va faire une offre au premier tour et après, tout dépendra des résultats. Je ne sais pas, aujourd’hui je ne suis pas sûre. Puis, je ne sais pas pourquoi mais je pense qu’on aura une surprise quand même dans ces élections.
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