Lab Santé : Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO), la maladie silencieuse qui étouffe la société

Publié le , mis à jour
Loic Feltrin

Ce lundi, dans la salle du Grand Foyer de l’Opéra Comédie de Montpellier, Midi Libre organisait un nouveau Lab Santé consacré à la BPCO, Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive. Une table ronde réunissant médecin, patiente, chercheure et représentantes d’associations a permis d’éclairer une maladie qui touche des millions de Français.

C’est dans l’enceinte du Grand Foyer de l’Opéra Comédie de Montpellier, qu’a eu lieu lundi matin un nouveau Lab Santé organisé par Midi Libre avec le soutien institutionnel de sanofi regeneron. Un évènement exceptionel pour parler d’un sujet qui, lui, reste souvent dans l’ombre : la Broncho-Pneumopathie Chronique Obstructive (BPCO). Une table ronde a réuni quatre intervenants aux approches complémentaires : Jérémy Chariot, pneumologue au CHU de Montpellier et président de l’association Souffle LR, Isabelle Vachier, chercheure et directrice de Med Bio Med, Hélène Forthin, directrice de l’association Occitan’air, et Myriam Boisset, présidente de l’APRRES Montpellier et patiente atteinte de la maladie.

Jérémy Chariot a commencé par définir ce qu’est la BPCO : "Une maladie respiratoire en majorité évitable, qu’on peut prendre en charge et qui va atteindre toutes les voies aériennes, surtout les bronchioles. Elle va entraîner des anomalies de circulation des flux aériens à l’expiration avec des symptômes comme la difficulté à respirer mais aussi de la toux, des crachats…"

Les profils à risques sont nombreux, et les causes multiples. Le pneumologue rappelle : "C’est la mauvaise rencontre d’une mauvaise génétique et d’irritants comme le tabac ou l’exposition à des polluants. Quelque 3,5 millions de personnes sont traitées pour la BPCO. On estime que 2,5 millions ne savent pas qu’ils sont atteints par cette maladie très largement sous diagnostiquée."

Un diagnostic précoce essentiel

Pourtant, les signaux d’alerte existent : "La difficulté à respirer, c’est le handicap majeur. La toux et les expectorations sont aussi des signes. Les bronchites chroniques doivent alerter, poursuit Jérémy Chariot. Les médecins généralistes jouent un rôle majeur dans la détection précoce. Un test de la fonction respiratoire qui s’appelle la spirométrie peut être fait."

Sur la question des traitements, il distingue "les traitements pharmacologiques (des médicaments) et les traitements non pharmacologiques. Souvent les traitements pharmacologiques sont des traitements inhalés de bronchodilatation. Il existe aussi des traitements de secours. La transplantation pulmonaire peut être envisagée mais il s’agit d’une intervention particulierement complexe.

Isabelle Vachier évoque ensuite les travaux en cours : "On a la chance depuis quelques années d’avoir de plus en plus de recherches cliniques dans la BPCO. On a un centre de recherches cliniques à l’hôpital Arnaud-de-Villeneuve qui travaille sur quatre ou cinq études en permanence. Parfois les pistes ne sont pas concluantes mais nous poursuivons la recherche. Quelques traitements mécaniques de dispositifs médicaux ont montré de l’efficacité. C’est de l’espoir pour les patients."

Certaines études ont contribué à la mise sur le marché de nouveaux traitements."Nous nous sommes particulièrement intéressés à la réduction des exacerbations et l’amélioration de la qualité de vie." La chercheure ajoute quelques éléments sur la compréhension de la maladie : "On a la chance à Montpellier d’avoir une unité de recherche avec une équipe dédiée aux facteurs environnementaux. Une étudiante en thèse travaille sur les microplastiques, un autre étudiant travaille sur les relations cœur-poumon dans la BPCO."

Réadaptation respiratoire : un levier majeur

Hélène Forthin a ensuite présenté ensuite l’association Occitan’air : "C’est un dispositif régional spécialisé dans la santé respiratoire. Notre mission principale est d’élargir l’offre de soins en réadaptation respiratoire. La BPCO se traite aussi par des interventions non médicamenteuses. La réadaptation respiratoire est efficace sur la qualité de vie et sur la réduction de l’essoufflement. L’idée est d’entraîner les parties du corps qui sont fonctionnelles. Il faut encourager les patients à reprendre une activité physique régulière pour permettre d’améliorer le bien-être. La réadaptation, ce n’est pas seulement que la partie physique mais aussi l’éducation thérapeutique et le soutien psychosocial."

L’association intervient également auprès des soignants : "L’objectif est de former des professionnels à la question de la réadaptation respiratoire mais aussi sur les thématiques du sevrage tabagique ou de l’éducation thérapeutique. Quand des médecins généralistes rencontrent des patients au parcours complexe, on peut être une structure aidante pour ces professionnels et faciliter l’orientation."

Enfin, Myriam Boisset, présidente de l’APRRES Montpellier et atteinte de BPCO, rappelle la force du collectif : "L’Association pour la Poursuite de la Réhabilitation Respiratoire regroupe des patients atteints de diverses maladies respiratoires, elle a été créée il y a 22 ans par des patients qui ont pris conscience qu’ils devaient être acteurs de leur santé. Nous sommes actuellement 77 de Montpellier et aux alentours. Seul on a du mal à pratiquer des activités, la force du groupe est importante. On se comprend dans nos maladies, on ne se juge pas, on est très attentifs les uns aux autres."

Au terme de cette rencontre, une évidence s’est imposée : la BPCO doit sortir du silence. Il existe des réponses (dépistage, recherche, réadaptation, solidarité) mais encore faut-il qu’elles soient connues. C’est tout le sens de ce Lab Santé, dans un lieu où les voix résonnent pour mieux porter un message vital : redonner du souffle à ceux qui en manquent.

Jérémy CHARRIOT, Pneumologue au CHU de Montpellier et Président de l’association Souffle LR, émanation de la Fondation du Souffle France

Hélène FORTHIN, Directrice de l’association Occitan’air

Myriam BOISSET, Présidente de l’APRRES Montpellier et atteinte de la BPCO

Isabelle VACHIER, Chercheure et Directrice de Med Bio Med

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