Lab Santé Midi Libre : Restaurer l’ouïe et la vue, les promesses de la recherche au service des sens
Lors d’une matinée dédiée à la recherche et aux technologies qui redonnent des forces, le Lab Santé de Midi Libre a réuni experts et praticiens autour de trois tables rondes pour une exploration des innovations qui restaurent les sens, soutiennent les patients et ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques. La première table ronde du Lab Santé a réuni des spécialistes de l’audition et de la vision pour échanger au sujet des avancées technologiques.
Alors que deux milliards de personnes présentent une déficience visuelle et près d’un milliard et demi souffrent d’une perte auditive, le débat s’est d’abord concentré sur l’audition.
Pour Jean-Charles Ceccato, maître de conférences à l’Audio Campus, l’un des obstacles majeurs reste la méconnaissance du public : "Beaucoup ne savent pas repérer un trouble auditif. Des applications de dépistage peuvent être utilisées sur smartphone."
Interview de Jean-Charles Ceccato, maître de conférences à l’Audio Campus (Université de Montpellier)
Cette meilleure prévention s’accompagne d’une prise en charge facilitée. Mylène Fenech, audioprothésiste chez Écouter Voir souligne l’impact considérable du dispositif 100 % santé : "La réforme a permis l’accès à des appareils auditifs entièrement pris en charge, ce qui a levé un frein majeur pour de nombreux patients."
Les prothèses auditives, elles se transforment, les performances sont renforcées par l’intégration croissante de l’intelligence artificielle qui "s’installe durablement dans les applications auditives", explique Mylène Fenech. Elle permet d’analyser l’environnement sonore et d’adapter automatiquement les réglages pour une écoute plus précise et plus fluide.
Interview de Mylène Fenech, Audioprothésiste au centre Ecouter Voir à Orange (Groupe AÉSIO Santé Méditéranée)
"La chirurgie, le bras armé de la recherche"
Après l’audition, place à la vision. Isabelle Meunier, cheffe du Centre des maladies rares de la vision, a rappelé les grandes familles de pathologies : la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), la plus connue du grand public, mais aussi les rétinites pigmentaires, première cause génétique de cécité progressive. "Ces maladies touchent soit la vision centrale, soit la vision périphérique, mais elles ont un point commun : la perte lente et régulière des photorécepteurs."
Contrairement à l’audition, où la réhabilitation est désormais très performante, la récupération visuelle reste un défi majeur. C’est précisément sur ce terrain que travaille Vasiliki Kalatzis, directrice de recherche à l’INSERM. Son équipe se concentre sur les maladies génétiques de la rétine : "Chaque pathologie correspond à un défaut de gène. Nous cherchons à comprendre lequel, comment il dysfonctionne et comment corriger le message."
Le relais est ensuite assuré par la chirurgie. Pour le Dr Pierre-André Duval, ophtalmologiste, cette étape intervient en fin de course. Son rôle ? Apporter dans l’œil les thérapies issues du génie biologique : vecteurs viraux, cellules corrigées, molécules actives. "Il faut les délivrer localement, au bon endroit, avec précision. La chirurgie devient le bras armé de la recherche."
Interview Pierre-André Duval, Chirurgien ophtalmologiste de la rétine à Cap Santé
Entre prévention, intelligence artificielle, thérapies génétiques et interventions de haute précision, cette première table ronde a montré un horizon clair : jamais la technologie n’a autant contribué à restaurer l’audition et à ouvrir des perspectives nouvelles pour la vision.
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