Les Bleus jugés par Guy Novès : "Est-ce que Jalibert aura la même promenade sur la scène internationale ?"

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  • Guy Novès a été sélectionneur de l’équipe de France durant deux ans, en 2016 et 2017. En 21 matchs, le sélectionneur n’aura mené les Bleus à la victoire qu’à sept victoires, pour treize défaites et un match nul.
    Guy Novès a été sélectionneur de l’équipe de France durant deux ans, en 2016 et 2017. En 21 matchs, le sélectionneur n’aura mené les Bleus à la victoire qu’à sept victoires, pour treize défaites et un match nul. MAXPPP - Arnaud Journois
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Guy Novès, sélectionneur de l’équipe de France après la Coupe du monde 2015, avait été écarté fin 2017, sous fond de tensions avec le président de la FFR, Bernard Laporte.

France-Irlande

"La France a pris un réel ascendant. L’Irlande est un petit peu en déclin, même si elle reste une nation forte. Ce n’est pas l’Irlande de ces dernières années. Le fait de jouer en France est un avantage indéniable. Une défaite ne peut être envisagée. Quand j’étais sélectionneur, on avait gagné à domicile (10-9) et perdu chez eux (19-9).

Si la France ne gagne pas le Tournoi, ce ne sera pas forcément un échec. Il n’y a que l’Angleterre, selon moi, qui peut la perturber."

Antoine Dupont de retour

"Ça ne peut être qu’un atout. Il est tellement exceptionnel sur un terrain. Je l’avais emmené lors de la tournée en Afrique du Sud, en 2017, pour commencer à construire l’avenir. À l’époque, Baptiste Serin était titulaire. Mais j’aurais bien aimé voir la concurrence de Dupont avec un Byron Kelleher, que j’avais eu à Toulouse (2007-2011).

Quand je vois comment Dupont est exposé hors du terrain, je ne sais pas comment j’aurais fait pour supporter ça. L’air du temps veut ce genre de choses. Ça se passe bien donc c’est que ça doit correspondre à ce qu’on vit aujourd’hui."

Le Tournoi

"Déjà, il faut le gagner. On ne peut pas dire qu’on se sert du Tournoi pour préparer l’avenir. Les tournées s’y prêtent d’avantage. Le Tournoi, on est là pour le gagner. Et il peut apporter de la confiance pour l’avenir.

Concernant l’Angleterre, il y a eu une perte de confiance à un certain moment. L’intégration de quelques joueurs a apporté une certaine aisance, une certaine fraîcheur, comme le troisième ligne Henry Pollock. J’imagine aussi que le staff y ait pour quelque chose. Est-ce qu’ils ont changé de jeu ? Je ne suis pas certain. Mais vous savez, toutes les équipes reposent sur les mêmes critères : conquête et défense."

Coupe du monde

"La France peut être championne, bien sûr. Et je ne pense pas que l’Afrique du Sud soit imbattable. Vraiment. Quand on représente la France, peut-être la meilleure équipe européenne, on ne peut se dire qu’on va être battu, déjà. La roue va tourner et l’équipe de France passera devant.

Les All Blacks ont baissé d’un cran. À mon époque, la Nouvelle-Zélande était une machine, avec des joueurs qui donnaient l’impression d’être hors normes. Est-ce que l’Irlande reviendra ? Je n’ai pas l’impression, les joueurs ont un certain âge. L’Afrique du Sud et la France restent les deux nations qui me paraissent au-dessus."

Jeu et joueurs

"Aujourd’hui, l’équipe de France se base beaucoup sur le jeu toulousain et le jeu bordelais, soit un jeu debout, de passes. Défensivement, c’est très costaud. Bordeaux-Bègles s’approprie ce jeu-là progressivement. Et Toulouse, c’est déjà acquis, bien évidemment.

Quand on est sélectionneur et qu’on prépare une échéance aussi importante, on met des joueurs qui jouent le mieux entre eux, qui vont vous apporter quelque chose en plus. À tous les postes, il y a ce qu’il faut. Les jeunes ont été trois fois champions du monde (2018, 2019, 2023), vous vous rendez compte des générations qui arrivent ? Les lendemains de l’équipe de France sont assurés.

Pour battre les meilleurs, il faut, a minima, être aussi fort à tous les niveaux. La mêlée ? Uini Atonio a fait les beaux jours de l’équipe de France par le passé, devons-nous nous baser sur lui pour l’avenir ? Je n’en suis pas certain.

Jalibert ou Ntamack ? Il vaut mieux avoir deux talents que pas de choix du tout. Jalibert fait un excellent début de saison, il se promène. Est-ce qu’il aura la même promenade au niveau international ? C’est la vraie question. Romain, même s’il est moins étincelant, on sait ce qu’il peut apporter sur le terrain international.

Gregory Alldritt peut changer de tenue lorsqu’il porte le maillot de l’équipe de France. Maintenant, il ne faut pas négliger les jeunes qui arrivent. Aujourd’hui, on demandera à Alldritt d’être le meilleur à son poste, on ne peut avoir une copie moyenne de sa part. Je pense qu’il reste un pilier de l’équipe. Puis il s’entend bien avec Antoine (Dupont). L’équipe peut être bâtie est autour d’eux.

Peut-être que je regarde les matches avec un peu plus de détachement, je vais quand même avoir 72 ans (rires). Je regarde beaucoup plus le Stade Toulousain, évidemment. Je remarque que (Kylian) Gourgues est intéressant sur ce qu’il propose."

Ses années de sélectionneur (2016-2017)

"J’ai passé la première année dans de très bonnes conditions. La seconde, non. Il est dommage qu’on n’ait pas eu le temps de faire nos quatre ans, surtout quand on voyait les joueurs de talent qui débarquaient.

Ce serait facile de vous dire que c’est du gâchis. Je n’ai pas terminé ma carrière comme j’aurais aimé. Ça aurait été intéressant de me laisser tranquille faire mon travail comme je l’ai fait au Stade Toulousain pendant tout ce temps.

En équipe de France, on a eu cette période où il a fallu se remonter les manches, on a commencé à apporter certains lièvres comme Antoine Dupont ou Anthony Jelonch. J’aurais aimé travailler les deux années supplémentaires pour atteindre le plus haut niveau.

Si la plaie est encore ouverte ? Oui, bien sûr, c’est une période noire de ma vie, c’est évident.

Des souvenirs, j’en ai 3000. Sur le plan du jeu, je me souviens d’un match contre le pays de Galles qu’on gagne vingt minutes après le temps réglementaire (20-18, mars 2018). Il y a eu ce changement de pilier qui fait qu’on a fini par gagner. Ce sont des bons souvenirs. Vraiment, on voyait que les Français étaient fiers de leur rugby et des joueurs qui faisaient partie de cette équipe de France.

Et après, il y a tous les mauvais que j’ai accumulés et sur lesquels je n’ai pas envie de revenir sur cette dernière année compliquée."

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