Dans l’écrin du Mas de la Cure, l’association de la Maison du Cheval Camargue s’efforce de maintenir un patrimoine vivant tout en s’employant dans des projets d’avenir.
Situé sur la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer, en plein cœur du Parc Naturel Régional de Camargue, le Mas de la Cure, ancienne exploitation agricole du Château d’Avignon, devenue propriété du Conservatoire du Littoral en 1985 a vu sa gestion confiée à l’Association de la Maison du Cheval.
Riche de ses quelque 300 hectares de terres et 3000 m² de bâti, la gestion de ce vaste domaine a été confiée à l’association de la Maison du Cheval Camargue créée en 1997. Association présidée par Jacques Mailhan et dont le rôle principal est de mettre en valeur le patrimoine équin camarguais et culturel. Depuis maintenant un an, Clothilde Manaud en a été nommée directrice. C’est cette femme de passion qui allie compétences professionnelles et profonde connaissance de la culture camarguaise que nous avons rencontrée en ce jour d’hiver pour en savoir davantage sur cet espace de liberté que beaucoup ne connaissent que comme lieu recevant chaque année l’édition de Camagri.
Visite
Les bâtiments du Mas de la Cure.Cyril Daniel
Trois heures de visite des bâtiments (rénovés ou en cours de rénovation et dans lesquels on peut trouver notamment les salles de réunion de la Nacioun Gardiano, la Confrérie des Gardians et l’Association des Gardians professionnels), de balade au travers des marais, sansouïres, prairies (la vente de foin étant une source d’autofinancement) et « forêts » Puis, une petite halte au maset de Tagès, lieu de vie de la famille Jalabert après la guerre. Il fallait bien ça pour savoir réellement ce qu’est, quel est le but et surtout quels sont les projets de cette maison du cheval. Elle regroupe en son sein des éleveurs de chevaux, manadiers, amateurs de ce cheval rustique et personnes attachées à la culture camarguaise. L’association, gestionnaire de ce vaste domaine en association avec la municipalité des Saintes-Maries-de-la-Mer, détient aussi une manade de chevaux. Une vingtaine de juments d’origines connues et reconnues, qui ont été données par leurs propriétaires « désireux de chercher à préserver ce joyau génétique du cheval » la composent, nous expliquera Clothilde. Une biodiversité variée
Dans ce vaste domaine, la biodiversité, tissu vivant de notre planète, est très diversifiée. Toutes sortes d’oiseaux peuvent y être rencontrées et observées, ainsi qu’un élevage de moutons et un rucher pour favoriser la pollinisation. Comme l’a écrit l’écrivain provençal Joseph d’Arbaud (dont un bâtiment du Mas de la Cure porte son nom) en 1926 dans son œuvre « La bête du Vaccarès », lorsque Jacques Roubaud, un gardian du XIVe siècle, rencontre et invite chez lui cette étrange créature mi-homme, mi-chèvre, dotée de cornes et capable de parler « Mon cabanon est modeste, mais mon royaume est grand ».
Cela résume bien ce site particulier, espace de liberté, véritable patrimoine vivant de la Camargue profonde. Conservation d’un patrimoine
Les poulinières de bonnes origines de l’association.Cyril Daniel
Outre la promotion et la valorisation du cheval Camargue, le Mas de la Cure est un lieu « ressources » pour les éleveurs qui peuvent y puiser des informations pour leurs activités professionnelles, ceci en collaboration avec l’Association des Éleveurs de Chevaux de Race Camargue.
Pas mal de projets bourgeonnent dans la tête de Clothilde et des administrateurs de ce lieu idyllique. La création non pas d’un musée mais d’un espace muséographique ouvert au public et dédié à la mise en valeur des savoirs autour de l’élevage, des métiers relatifs au cheval Camargue.
Aujourd’hui, en partenariat avec l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), l’association se lance dans un vaste projet de génétique autour du cheval. Qu’est-ce qu’il fait qu’il est aujourd’hui tel qu’il est, qu’il a des aptitudes innées au travail du tri de bétail, qu’il s’adapte dans ce paysage de Camargue en élevage extensif, sans soin particulier ? Voilà « tant que questions que nous devons nous poser sur ce cheval ». Aujourd’hui, mis à part sa taille (entre 1,45 et 1,50) pour être qualifié de Camargue, qu’en connaît-on vraiment, quels sont les standards de cette race reconnue officiellement le 17 mars 1978. Et à l’heure du progrès avec les paillettes et les inséminations, on doit pouvoir se baser sur des références ». Quel est en fait son ADN ? Le but de cette étude étant de permettre de remédier à certaines maladies (mélanose, West Nile…), d’étudier son adaptation au milieu naturel, lister son patrimoine génétique pour préserver l’authenticité de la race et déterminer son identité. Est-ce lui qui fait le territoire ou le territoire qui en fait ce petit cheval robuste ?
Voilà le vaste travail qui pas à pas avance. Affaire à suivre… Un lieu qui mérite d’être connu
« Il faut faire vivre le Mas de la Cure » insiste Clothilde Manaud qui ne manque pas de projets pour attirer du monde : la programmation de journées et/ou soirées à thème autour de la découverte d’un endroit qui laisse pantois à qui ose pousser le portail d’entrée.
Des visites commentées de découverte durant 2 heures d’une manade de chevaux de race Camargue dans son milieu naturel sont organisées d’avril à septembre pour les scolaires, pour les groupes (10 pers minimum) ou les individuels uniquement sur réservation. Contacts
Mas de la Cure, Maison du Cheval Camargue, route D 570 – 13460 Les Saintes- Maries- de-la- Mer.
04 90 97 76 37 – contact@masdelacure.org
Site Internet : maisonduchevalcamargue.com
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