Au Pont de Gau, l’heure de la grande séduction a sonné !
Depuis début décembre, les flamants roses sont à la recherche active de leur partenaire. Ce congénère avec lequel ils se reproduiront et resteront fidèle… jusqu’à l’année prochaine. Ce lundi au Parc ornithologique de Pont de Gau, les visiteurs pouvaient observer ces parades des volatiles. Des flamants roses particulièrement intransigeants s’agissant des critères de sélection de leur partenaire !
Phoenicopterus ruber roseus. Présent sur tout le pourtour méditerranéen, le flamant rose traverse depuis ces dernières semaines une période charnière. Depuis décembre, pour le célèbre volatile à la morphologie si singulière, c’est la période des parades, celle de la recherche intensive puis, du choix essentiel de ce partenaire avec lequel il donnera, au retour du printemps, au mieux un seul petit.
"Ces oiseaux grégaires sont une espèce fidèle. Sur l’année en effet, le couple une fois formé reste en binôme, exclusif. Pour se reproduire, bien sûr, mais aussi pour couver son œuf et nourrir son petit. Des tâches parentales qui sont d’ailleurs partagées équitablement et à tour de rôle entre le mâle et la femelle", entame Frédéric Lamouroux, directeur du Parc ornithologique du Pont de Gau aux portes des Saintes-Maries-de-la-mer, réserve naturelle aménagée qui accueille sur près de 60 hectares des colonies de flamants roses tout au long de l’année.
Danses nuptiales
Au coeur du parc ce lundi, les rares visiteurs au vu du temps maussade pouvaient néanmoins assister à un spectacle tout simplement extraordinaire. Celui des danses nuptiales durant lesquelles chaque specimen à la recherche de l’heureux (se) élu(e) tente véritablement… la grande séduction ! Etirement des ailes, extensions dynamiques des pattes, dodelinement du cou – en rythme ! – font partie, chez cette espèce, de ces atouts de séduction au premier rang desquels figure la couleur.
" Esthétique, la couleur vive, notamment de l’intérieur des ailes est un vrai gage de bonne santé du spécimen. Une bonne santé qui est évidemment particulièrement attrayante pour les flamants dans l’optique de se reproduire ", commente durant la matinée Frédéric Lamouroux, ravi de voir déambuler "à deux" dans les marais du site, plusieurs nouveaux flamants depuis la veille.
Si ces volatiles ont donc de nombreuses cordes à leur arc pour séduire, autant dire que chez les flamants le choix du partenaire ne se fait pas à la légère. Un spécimen endurant dans sa choregraphie nuptiale, ou encore particulièrement leste dans ses mouvements de pattes, a, par exemple, généralement toutes ses chances de faire chavirer les coeurs. " Parce que cette endurance, elle lui sera bien utile lorsqu’il faudra aller chercher à manger au petit tout juste sorti de l’oeuf. Tandis que la souplesse dans les mouvements des pattes, ça, c’est un vrai avantage lorsqu’il s’agit par exemple, de devoir enjamber les nids de la colonie, sans écraser les autres oeufs du groupe ! ", justifie passionnément Frédéric, attendri de voir un jeune couple tout juste formé, s’appeler à tue-tête de part et d’autre d’un chemin.
Un oiseau qui prospecte, opportuniste
Ce lundi, au Pont de Gau, autour de 2 000 à 2 500 flamants roses, s’appliquaient avec ardeur à leur chorégraphie nuptiale. Des spécimens natifs de tout le pourtour méditerrannéen, pas forcément rattachés pour une raison ou une autre à la Camargue (le turn over y atteint 80 % toutes les 72 heures !), dotés d’un sens aiguisé de la prospection et souvent venus au Pont de Gau par pure opportunité.
D’ici quelques semaines, ces couples nouvellement formés devraient ainsi s’envoler "à deux" à la recherche du lieu de prédilection pour y construire en binôme un nid en boue et couver leur petit. Un espace généralement paisible, à la visibilité bien dégagée (type marais asséché ou sans végétation) afin de pouvoir se prémunir d’éventuelles attaques de prédateurs.
Frédéric Lamouroux, directeur du parc ornithologique du pont de Gau
Comment explique-t-on la présence importante de flamants roses sur le site ?
Les flamants roses trouvent sur ce lieu préservé toute le microplancton rêvé pour se nourrir. Ni trop haut ni trop bas, le niveau d’eau y est par ailleurs parfait pour leurs parades. Dans le milieu du flamant rose, le parc est en quelque sorte un "hot spot" de rencontres (rire). D’autant que la présence de l’homme n’y a rien d’invasif, ce que les flamants roses ont d’ailleurs bien compris : l’homme les observe tranquillement depuis son territoire (la terre), sans intrusion aucune sur le leur (l’eau).
À côté de l’observation, quel type d’activité accueille le parc ?
La recherche. C’est au sein même du parc qu’a notamment été démontré le fait que lors de la quête de son binôme le flamant rose s’interesse systématiquement aux spécimens de sa tranche d’âge.
D’autres actualités en perspective ?
Nous lançons cette année un cycle de formation à la journée. La première, le 14 février de 10h à 16h autour, bien sûr, du flamant rose, alliera enseignements théoriques, expériences et observation de terrain. Une journée pour devenir incollable sur cet oiseau qui fascine !
+ d’infos : 04 90 97 82 62 / contact@parcornithologique.com
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