Municipales 2026 à Béziers : "Un projet qui redonne du pouvoir d’achat et de l’espoir pour la jeunesse", Thierry Mathieu présente les grandes lignes de son programme

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  • Thierry Mathieu : "Une liste sans étiquette n’est pas sans valeur".
    Thierry Mathieu : "Une liste sans étiquette n’est pas sans valeur". Midi Libre - SYLVIE CAMBON
Publié le , mis à jour

Thierry Mathieu conduit la liste "Rassembler Béziers" pour les municipales de mars prochain. Le Biterrois, conseiller régional, directeur de la Caf de l’Hérault, revendique son approche "sans étiquette" et un travail collectif mené depuis des mois pour aboutir à 231 mesures concrètes pour Béziers. Comme la baisse du taux de la taxe foncière ou la gratuité des transports.

Vous avez été le premier à vous présenter à cette élection à Béziers. Cette décision, vous l’avez prise quand ?

Cette décision, je l’ai prise par rapport à la situation de Béziers. J’ai été élu à la Région et j’avais dans la perspective d’apporter ce que je pourrais à Béziers. Après, il faut à la fois avoir les idées, les personnes… Et à partir du moment où j’ai estimé qu’on avait tout ça, je me suis déclaré candidat, le 4 septembre, une date importante, celle de la création de la 3e République. Cela correspond aux valeurs républicaines et humanistes que nous portons. Tout en étant sans étiquette.

Est-ce que vous diriez que la graine était semée en 2020, lorsque vous avez renoncé à votre candidature, faute d’investiture ?

C’était un rendez-vous raté, je n’ai pas forcément envie de revenir dessus. Mais j’en ai tiré tous les enseignements : ce qui compte, c’est le projet qu’on veut porter. Avant les alliances diverses et variées. Et c’est ce qu’on va proposer aux Biterrois.

Cette absence d’étiquette, vous en faites un argument de campagne…

L’argument, c’est que pendant que certains négocient des places sur des listes, des alliances, des soutiens, à "Rassembler Béziers", nous avons travaillé un projet. Et d’ailleurs, ça a dû intéresser, puisque certains partis voulaient nous rejoindre. Nous ne revendiquons donc aucun soutien national parce que nous pensons que seuls comptent les hommes et les femmes qui sont sur ma liste et qui, demain, seront amenés à diriger la ville, pas les responsables nationaux que l’on va sans doute voir défiler d’ailleurs à Béziers pour la campagne. Il faut voter pour les gens qui vont réellement demain travailler pour la ville. Et il était intéressant d’avoir une liste avec des personnes de sensibilités différentes. Qu’elles soient de droite ou de gauche, réunies autour d’un projet concret, global et cohérent. Une liste sans étiquette, ce n’est pas une liste sans valeur. Mais c’est une liste qui a quelque chose à dire avant de défendre les couleurs d’un parti politique. Tous les membres de la liste "Rassembler Béziers" partagent un seul et même point commun : le programme.

Et c’est pour ça que l’on a tout présenté dès le 22 janvier. On a constaté que plusieurs de nos idées avaient été reprises, comme la gratuité des fournitures scolaires, la priorité qui doit être mise aux familles et la jeunesse, avec notamment la création de places d’accueil de loisirs. Mais ce n’est pas grave, après tout, si on reprend nos idées, c’est qu’elles étaient bonnes. Les Biterrois savent faire la différence entre la copie et l’original. Lorsqu’on est sincère, on n’a pas de difficulté.

Est-ce que vous pouvez donner les grandes lignes de votre programme, vos priorités pour Béziers ?

Ce programme, c’est notre socle, notre base, notre roc. On a traité 15 thèmes. Ça a été un travail énorme. Qui nous permet de présenter des propositions claires portées par des personnes identifiées. Nous, c’est très clair : il y aura un candidat, je serai tête de liste. Et il n’y aura pas un changement en cours de mandat…

Quel est, pour vous, le plus important pour Béziers ?

D’abord, si on a présenté ce programme complet deux mois avant l’échéance – et on est les seuls à l’avoir fait – c’est que l’on joue le jeu du débat public. On a formulé 231 propositions. C’est énorme. Ensuite, aujourd’hui à Béziers, il faut redonner du pouvoir d’achat aux Biterrois. C’est à mon avis une des priorités. Et la deuxième, c’est faire en sorte qu’ils vivent mieux. Redonner du pouvoir d’achat, c’est, par exemple, diminuer le taux de la taxe foncière. Un signal très important qu’il faut envoyer. Pour cela, il faut trouver d’autres recettes et diminuer les dépenses. Donc déjà, on va renégocier les contrats absurdes, comme celui signé avec Biltoki (gestionnaire des halles NDLR). Ça fait déjà 450 000 euros (annuels) d’économie. Ensuite, on va réduire les dépenses en termes de communication et d’événementiel. Aujourd’hui, à Béziers, on atteint le sommet de ce qu’on pouvait faire en matière de dépenses événementielles. Tout ça pour avoir des décors fabriqués en Chine (référence aux lanternes géantes de l’été 2021 NDLR). On essayera de gérer la mairie et ses ressources différemment. Ensuite, côté recettes, on va poser la question des régies, pour la gestion des parkings mais aussi tout ce qui va concerner le domaine des énergies renouvelables.

Pour redonner du pouvoir d’achat, on va proposer aux familles la gratuité des fournitures scolaires et du soutien scolaire. Parce qu’on pense que la réussite des enfants ne doit pas dépendre du revenu des parents. On doit faire en sorte que seuls le travail et le talent fassent la différence. C’est une idée majeure pour moi : permettre aux enfants d’avoir les mêmes chances. Et ce sera pareil pour l’accès aux sports. On veut créer un Pass sport biterrois : ce sera un soutien de 50 € par enfant pour toute licence prise. Car l’accès au sport est essentiel pour les enfants. Le sport, c’est le goût de l’effort, l’engagement, la cohésion sociale. Un autre aspect important, c’est l’ouverture de places d’accueil de loisirs, pour soulager les parents et leur permettre de travailler, de se former, de rechercher un emploi. Dans le même esprit, on souhaite mettre en place des vacances pour les enfants biterrois. Pour bien connaître le sujet, ce ne sont pas des mesures qui vont forcément coûter cher à la ville. Mais il faut une volonté. L’avenir de Béziers, c’est sa jeunesse. On veut clairement un projet qui redonne du pouvoir d’achat et de l’espoir pour la jeunesse.

Vous tenez également à parler sécurité…

Oui, dans le vivre mieux, je mets la sécurité. Dès le printemps dernier, nous sommes allés à la rencontre des Biterrois, ça nous a permis de voir que leurs deux priorités étaient le pouvoir d’achat et la sécurité. La sécurité dans tous les quartiers, pas uniquement sur les Allées. On ne va pas diminuer d’une seule unité les effectifs de la police municipale. En revanche, on va les re-répartir. On veut que les policiers municipaux connaissent les habitants et que les habitants connaissent les policiers municipaux. Ce n’est pas un programme de communication, c’est un programme de réalité. Et la réalité, c’est qu’en fait, ce que souhaitent les habitants, c’est la tranquillité publique. On va donc recruter, en plus, 20 médiateurs. Parce que la médiation, c’est la prévention. Cela permet d’éviter les tensions en amont, de détecter les jeunes en train de vriller. C’est essentiel. Pas comme cet équipage créé pour lutter contre le narcotrafic et qui ne peut même pas vous demander vos papiers d’identité (ils ne peuvent intervenir qu’en cas de flagrant délit NDLR). Nous avons aussi proposé, très tôt, un service de sécurité pour les bailleurs sociaux, pris en charge par la mairie.

Peut-on qualifier ce programme de gauche ?

En préfecture, on va être classifié sans étiquette. Peut-être qu’en matière de sécurité, on pourra peut-être nous qualifier de droite, ou peut-être qu’en matière d’éducation, on nous qualifiera plutôt de gauche, mais ça nous importe peu, ce qui nous paraît le plus intéressant, c’est le projet et les gens qui le portent. On a 53 colistiers, on a 53 étiquettes. Il y a des personnes plutôt cataloguées à droite et des personnes plutôt cataloguées à gauche. Elles sont connues. On ne trompe personne, au contraire.

Certaines figures politiques locales affirment qu’au contraire, vous êtes allés chercher des soutiens…

C’est faux. On a des partis qui sont venus nous voir, intéressés par des places. Mais je ne peux pas sacrifier des colistiers qui ont travaillé sur une thématique et qui ont fait des propositions pour mettre à la place une personne dont la seule qualité, ce sera d’appartenir à un parti politique. Les partis politiques sont indispensables à la vie démocratique. Mais nous, on est au niveau local. On a donc proposé des mesures concrètes. Chacun pourra en penser ce qu’il en veut. Et qu’elles soient de droite ou de gauche, il nous importe peu. Ce qui nous importe, c’est qu’elles soient efficaces pour les autres. Les gens attendent des solutions concrètes. Nous, on n’a peut-être moins travaillé sur le Groenland et l’Ukraine que d’autres. Mais on a travaillé sur Béziers. Ce sera la marque qu’on veut imprimer dans cette campagne : du concret, du pragmatisme, de l’écoute. Et un peu de courage aussi, parce que je crois que pour se présenter sans étiquette dans une ville de 80 000 habitants, il en faut aussi.

Si vous êtes élu, vous présenterez-vous à la présidence de l’Agglo ?

Oui. Notre programme aborde beaucoup de sujets liés à l’Agglomération. La gratuité des transports, par exemple, c’est un signal pour booster les déplacements dans la ville, faciliter l’accès au centre et aux commerces. Et ça ne va pas coûter cher à la collectivité, il s’agit de remplir les bus à moitié vides et de revoir le maillage car les usagers et les conducteurs se plaignent. On ne peut pas se présenter à la mairie sans parler Agglo. C’est pareil pour le développement économique. Il faut bâtir une stratégie à moyen et long termes : libérer du foncier pour une zone dédiée à l’industrie, une université du vin…

Vous êtes directeur de la Caf, conseiller régional, président d’Hérault Transport, si vous êtes élu maire de Béziers, laisserez-vous certaines casquettes de côté ?

J’aviserai. Mais je me consacrerai totalement à Béziers. Je ferai en sorte de mettre en œuvre tout ce que j’ai proposé. Je dirigerai la ville avec une équipe. C’est une aventure collective.

Comment financez-vous cette campagne ?

Les colistiers peuvent abonder. Si on fait plus de 5 %, ils seront remboursés. Je fais aussi appel aux dons qui seront défiscalisés.

 

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Les commentaires (13)
maisditlibre Il y a 2 jours Le 03/02/2026 à 18:44

Faut-il rappeler au candidat que l'électeur vote pour une liste ? Depuis 'son intronisation" décidée par qui,? comme tête de liste on ne voit que lui dans une posture auto octroyée de seul compétent!! habilité à s'exprimer sauf sur des sujets sensibles comme la corrida où le mutisme tient lieu de ligne de conduite . c'est consternant et affligeant !!

Black_Panther Il y a 2 jours Le 03/02/2026 à 13:54

Cette année, les honnêtes citoyens qui habitent Béziers ont une véritable chance d'élire un nouveau Maire pour cette commune.

Cette belle ville de Béziers doit être restituée à ses habitants et à tous ceux qui l'apprécient.
Mais, il faudra se mobiliser et aller voter. Il est temps que Béziers retrouve son attractivité et surtout une bonne image.

RobertFran Il y a 2 jours Le 03/02/2026 à 16:43

heu vous habitez Béziers depuis longtemps? Car personnellement je n'ai jamais vu autant de monde dans la ville. Pour ce qui est de l'image, elle est à mon avis pas si mauvaise que ça.

JP BONNARD Il y a 2 jours Le 03/02/2026 à 12:57

Plutôt que gratuité il faudrait plutôt dire : " en accès libre ". Les véhicules, l'entretient, les chauffeurs et le carburant ne sont pas gratuits mais payés par les contribuables. C'est donc un choix politique que des maires de différentes couleurs politiques ont déjà fait.