Plus de 5 100 dollars l’once : l’or n’a jamais valu aussi cher et Donald Trump y est pour quelque chose
L’or a franchi un nouveau sommet historique lundi, dépassant les 5 100 dollars l’once, porté par l’incertitude liée à la présidence Trump et la défiance envers le dollar. L’argent a également battu un record, tandis que les Bourses restent prudentes avant une semaine marquée par une réunion clé de la Fed.
Ce qu’il faut retenir
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L’or et l’argent atteignent des records lundi, à respectivement 5 111,07 $ et 111,88 $ l’once, dopés par l’incertitude liée à la présidence Trump et par les tensions géopolitiques, notamment autour du Groenland.
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Plusieurs lots de lait infantile sont rappelés en France et à l’international pour risque de toxine ; Danone et Nestlé chutent en Bourse, Danone perdant jusqu’à 5 % à Paris.
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Le prix du gaz flambe aux États-Unis et en Europe à cause d’une tempête hivernale ; le yen bondit après des rumeurs d’intervention concertée entre Tokyo et Washington pour soutenir sa valeur.
L’or poursuit sa course aux records lundi, dépassant pour la première fois les 5 100 dollars, dans un contexte d’incertitude suscitée par la présidence Trump, pendant que les Bourses gardent leur calme avant une semaine riche en événements.
Le métal jaune s’est hissé lundi à un nouveau record, à 5 111,07 dollars l’once (31,1 g). Vers 15 heures GMT, il cotait 5 092,65 dollars (+ 2,11 %).
Valeur refuge par excellence, l’or est stimulé par les revirements fréquents de Donald Trump qui créent un climat d’incertitude aux États-Unis, détournant les investisseurs et les banques centrales du dollar et des obligations d’État américaines, habituellement considérés comme des valeurs refuges.
"Des réserves de valeur alternatives"
Sa progression récente a été soutenue par les tensions autour du Groenland, dont le président américain a dit vouloir s’emparer, promettant à ses alliés européens des taxes douanières en cas d’opposition, avant finalement de lever sa menace, assurant avoir "conçu le cadre d’un futur accord".
L’argent a lui aussi touché un nouveau record lundi à près de 111,88 dollars l’once. Vers 15 heures GMT, il grimpait de 8,32 % à 111,78 dollars.
"Ce mouvement souligne un changement de comportement des investisseurs", relève Daniela Hathorn, analyste pour Capital.com.
"Les métaux précieux ne sont plus considérés uniquement comme des instruments de couverture stratégique, mais de plus en plus comme des réserves de valeur alternatives dans un monde marqué par les fractures politiques, les tensions budgétaires et l’incertitude monétaire", explique-t-elle.
Côté marchés boursiers, l’heure est à la prudence lundi, à l’orée d’une semaine chargée, avec une réunion de la Réserve fédérale américaine.
Elle se tiendra dans un contexte tendu, le président de l’institution Jerome Powell ayant révélé début janvier l’existence d’une procédure lancée par le ministère de la Justice contre lui. Il a dénoncé une énième tentative d’intimidation de la Fed par l’exécutif.
En Europe, vers 15 heures GMT, Paris prenait 0,07 %, Francfort 0,20 %, Londres 0,34 % et Milan 0,55 %. À Wall Street, dans les premiers échanges, le Dow Jones s’octroyait 0,34 %, le S & P 500 0,39 % et le Nasdaq 0,33 %.
Rappels de laits infantiles
Plusieurs lots de lait infantile commercialisés en France comme à l’international, notamment par Nestlé et Lactalis, ont récemment fait l’objet de rappels en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine produite par certaines bactéries.
Le géant agroalimentaire français Danone avait lui annoncé vendredi élargir son rappel de laits infantiles à d’autres marchés après Singapour, notamment la France.
À Paris, Danone perdait 2,67 % après avoir perdu plus de 5 % dans les premiers échanges, quand Nestlé cédait 0,50 % à la Bourse suisse vers 15 heures GMT.
Le prix du gaz s’envole
Le gaz naturel américain a atteint jeudi un nouveau sommet depuis 2022, à 6,293 dollars par million de British thermal unit (BTU, une unité de mesure anglo-saxonne).
"Cette hausse intervient alors qu’une tempête hivernale frappe les États-Unis, près de la moitié des États ayant déclaré l’état d’urgence", relèvent les analystes d’ING. "Ces conditions extrêmes vont stimuler la demande de chauffage et mettre les infrastructures énergétiques sous pression."
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a lui touché un plus haut depuis mars 2025, à 43,38 euros le mégawattheure (MWh). Il se stabilisait vers 15 heures GMT à 39,39 euros le MWh.
Le yen bondit
Le yen flambe, prenant 1,28 % à 153,72 yens pour un dollar vers 15 heures GMT. La monnaie nippone a été portée lundi par des informations relayées par l’agence de presse Bloomberg, selon lesquelles la Réserve fédérale américaine pourrait soutenir une intervention de Tokyo pour faire remonter son cours, en chute libre ces dernières semaines.
Cela "a renforcé les anticipations selon lesquelles toute mesure visant à soutenir le yen pourrait être coordonnée entre le Japon et les États-Unis", relève Kat Hudson, de Hargreaves Lansdown.
Le yen avait déjà été poussé vendredi par les déclarations de la ministre des Finances japonaise, Satsuki Katayama, qui n’avait pas écarté l’option d’intervenir pour soutenir sa monnaie.
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