Flambée du cours de l’or : quelles sont les autres "valeurs refuges" vers lesquelles se tourner pour investir sans prendre de risque ?
L’once d’or (31,10 g) a dépassé les 5 000 dollars ce 26 janvier, portée par les tensions géopolitiques et les inquiétudes économiques mondiales. Mais le métal jaune n’est plus le seul actif recherché pour protéger son capital. Métaux précieux, matières premières, actions ou obligations : tour d’horizon des alternatives crédibles.
Sur quoi investir en pleine flambée de l’or ? C’est la question que se posent de nombreux Français, désireux de placer leurs économies sans prendre de risque.
Et ce petit jeu-là un autre métal s’impose : l’argent. À la fois valeur refuge* et métal industriel, il bénéficie aussi de la transition énergétique. Plus largement, "tout ce qui est actif réel, tangible, va continuer de grimper", estime Pascal Nguyen, professeur de finance à Montpellier Management, qui cite également le cuivre, qui a pris "plus de 6 % ces dernières semaines".
L’immobilier reste pertinent pour les particuliers : "Ça a de la valeur d’avoir des actifs réels, surtout s’il y a un retour de l’inflation". Mais il ne constitue pas une solution privilégiée pour les États.
Sur le bitcoin, longtemps critiqué, Pascal Nguyen reconnaît une évolution : "La Russie et la Chine sont en train d’appuyer le bitcoin, ou autre cryptomonnaie qui s’y apparente", tout en soulignant l’incertitude liée à ces actifs.
Quant aux obligations, prudence. Les obligations d’État à taux fixe, s’il y a de l’inflation, ne jouent plus leur rôle de protection, souligne l’économiste qui recommande plutôt les titres indexés sur l’inflation : "Il vaut mieux acheter des obligations indexées sur l’inflation, si on veut avoir de l’obligataire dans ses investissements".
Spéculation et trio gagnant
La ruée vers l’or n’est pas uniquement défensive. "Il y a plus que l’idée de diversification. Il y a une idée de spéculer", explique Pascal Nguyen. "Les spéculateurs achètent et il n’y a pas de raison de vendre son or".
Selon lui, trois grandes protections dominent aujourd’hui : "l’or, les matières premières et les actions". Ces dernières peuvent en effet tirer parti d’un contexte inflationniste, les entreprises répercutant la hausse des coûts sur leurs prix de vente, ce qui soutient leurs bénéfices, et donc leurs cours.
Pourquoi l’or flambe ?
Pour Pascal Nguyen, la hausse actuelle s’explique d’abord par les stratégies des grandes puissances. "Les banques centrales, et particulièrement la banque centrale chinoise, achètent de l’or", observe-t-il. Pékin réduit depuis plusieurs années ses avoirs en dette américaine : "Ils ont déjà commencé à vendre leur stock de bons du Trésor US et à placer ces réserves en or ou autre unité de réserve".
Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus large de recul du dollar. "Les autres pays commencent à échanger directement dans leurs propres monnaies. Peut-être demain dans une monnaie des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud)". Résultat : "On va vers une baisse de l’attractivité du dollar et, en contrepartie, une réappréciation de l’or".
La politique américaine joue aussi un rôle d’accélérateur. Les pressions répétées de Donald Trump pour un assouplissement de la politique monétaire, dans un contexte de dette publique record, alimentent les anticipations d’inflation, un terrain historiquement favorable à l’or.
Pour un épargnant inquiet, le conseil reste simple : "Avoir le plus de valeurs tangibles possible, être propriétaire de son logement, détenir de l’or et investir dans des entreprises indispensables". Sans oublier une diversification géographique, notamment vers l’Asie, appelée selon lui à "tirer la croissance mondiale".
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