Quatre lieux, quatre ambiances… Une déambulation avec les jeunes diplômés des Beaux-arts de Nîmes

  • Alix di Jusco revisite son parcours, s’interroge sur ses déplacements et ses allers-retours.
    Alix di Jusco revisite son parcours, s’interroge sur ses déplacements et ses allers-retours.
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L’école des Beaux-arts de Nîmes invite la commissaire Anne-Lou Vicente pour une exposition collective des jeunes diplômés.

Depuis son arrivée à la tête de l’école des Beaux-arts de Nîmes, Delphine Paul s’est engagée dans une politique d’accompagnement des jeunes artistes. Ce programme Post, pour professionnalisation, orientation, suivi, transmission passe par des mesures toutes simples comme la possibilité pour les diplômés de bénéficier des équipements de l’école pendant les trois ans qui suivent leur sortie. Cela passe également par une nouvelle façon d’envisager l’exposition des diplômés, très loin du petit accrochage pour les familles et les amis.

"Chaque année, nous invitons un ou une commissaire en accord avec le groupe de diplômés. Cela leur permet de savoir travailler avec une commissaire, ce qui est une donnée importante dans le monde de l’art. De plus, le ou la commissaire produit un texte sur le travail de chacun, un outil qui va leur aider pour postuler ensuite à des appels à projets", détaille la directrice, qui souhaite ouvrir l’école. "Il est important que les jeunes artistes puissent rencontrer le public et que les Nîmois sachent ce qui se passe à l’école".

"Les jeunes artistes rencontrent le public"

Pour la commissaire, le travail est très spécial. À l’inverse de son travail habituel, elle ne choisit pas les artistes qu’elle expose et va devoir penser une présentation collective. "Mais j’ai été chanceuse", explique Anne-Lou Vicente, commissaire indépendante qui a travaillé pour le Frac Île-de-France ou l’IAC de Villeurbanne. Ce travail s’est fait lors d’un workshop en décembre et donne naissance aujourd’hui au projet "Liminal Alumni Anima", qui se déploie sur quatre sites. Dans chacun, la commissaire a rassemblé des artistes partageant, sinon un univers, du moins de problématiques.

Dans les grands salons de l’école, les artistes se situent dans des zones intermédiaires mentales ou physiques. Jade Lesieur utilise le dessin, l’huile, le fusain, joue avec les formats pour une déambulation dans des paysages étranges, à la rencontre d’autres espèces. Avec son œuvre suspendue, Ama Lietard invite le public à entrer physiquement dans son texte, dans une aventure poétique sans début ni fin. À découvrir également, le film Bug’s night de Roman Garima, balade nocturne et troublante guidée par la voix d’un insecte. Dans les couloirs de l’école, Alix Jolly s’empare des panneaux d’affichage pour des photos de nature, jouant avec les frontières.

Le travail d’Alix Jolly se retrouve également à la chapelle des Jésuites, avec des sublimes installations composées de photos, de graines ou de mues d’insectes collectées dans la nature, entre apparition et invisibilité. Noémie Cartailler-Combe s’intéresse également au vivant et à l’inerte notamment avec ses bols façonnés dans de la terre crue du Vidourle. Avec ses photos d’un noir et blanc délavé, tirées sur tissu, Leïla Nagel livre des bribes d’un récit rural, entre hybridations et mythologies familiales.

Noémie Cartailler-Combe sculpte des bols dans de la terre crue du Vidourle.
Noémie Cartailler-Combe sculpte des bols dans de la terre crue du Vidourle.

L’exposition se poursuit à Carré d’art, autour de la famille avec les vidéos de Malaury Landas ou avec le projet d’Alix di Jusco, qui mène une enquête sur son identité, ses déplacements, entre intimité et anonymat.

Enfin, Palema rassemble des artistes travaillant autour de l’idée de collection avec les pierres de Noémie Cartailler-Combe, la microthèque d’Ama Liétard invitant tous ses collègues à déposer un souvenir ou les peintures de Quentin Duvillier qui revisite les images virilistes de super-héros.

Visite guidée ce vendredi 6 février. Début du parcours à 16 h, Pamela, 6 bis rue Sainte-Catherine, passage à Carré d’art à 16 h 45, à la chapelle des Jésuites 17 h 30 et vernissage à 18 h à l’hôtel Rivet.

Journées portes ouvertes

L’école supérieure des Beaux-arts de Nîmes ouvre ses portes ce samedi 7 février aux futurs étudiants et à leurs familles. Au programme, visites guidées de l’école pour découvrir les ateliers des étudiants, les équipements techniques, la bibliothèque à 10 h 50, 11 h 35, 14 h et 15 h 50. Des conférences présenteront l’intégration de l’école en première année (10 h 45 et 15 h 15) ou en deuxième ou quatrième année (11 h 30 et 16 h).

En plus des visites guidées de l’exposition Liminal, Alumni, Anima à 12 h 30 et 13 h 30, les étudiants présenteront tout au long de la journée des surprises, lectures, performances, projections…

Samedi 7 février, 10 h-18 h. Hôtel Rivet, 10 Grand’Rue, Nîmes. Entrée libre. 04 30 06 12 00.

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