"Sans injonction ni pression sociale" : pour lutter contre l’infertilité, le gouvernement va envoyer une lettre à tous les Français de 29 ans

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C’est l’une des mesures phare du "plan fertilité" lancé par le ministère de la Santé ce jeudi. Informer, identifier et lutter… Les objectifs affichés par ce projet sont nombreux et s’inscrivent dans le "réarmement démographique" défendu par le gouvernement depuis 2024.

Éviter le "si j’avais su". Ce jeudi, le ministère de la Santé a annoncé une série de mesures dans le cadre du "plan fertilité". Annoncé à l’Assemblée nationale le 15 décembre dernier par la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist, ce projet émane de la fameuse volonté du gouvernement d’engager un "réarmement démographique" du pays.

Pour rappel, le Pr Samir Hamamah, chef du service de biologie de la reproduction du CHU de Montpellier, déclarait l’année dernière dans nos colonnes : "Entre 2010 et 2024, on a perdu 22 % de naissances. Dans les années 70-80, on avait 950 000 naissances par an en France. Aujourd’hui, on est à 662 000 naissances par an."

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Coauteur du "Rapport sur les causes d’infertilité" rendu au gouvernement en février 2022, le professeur voit son constat partagé par le ministère de la santé qui a annoncé 16 mesures pour résoudre cette problématique. Parmi elles, il y a l’envoie "avant la fin de l’été" d’une lettre à toutes les personnes de 29 ans.

Plus d’informations

"Sensibiliser et prévenir", est l’objectif affiché de ce message qui sera diffusé à tous les Français de 29 ans, âge à partir duquel l’autoconservation des gamètes est possible. La ministre souhaite démocratiser l’accès à ce processus tout en en augmentant les moyens (passer de 40 à 70 centres d’ici 2028). "Cette démarche vise à renforcer le pouvoir d’agir des jeunes adultes, sans injonction ni pression sociale, et contiendra donc logiquement des informations sur la santé sexuelle et la contraception", explique ainsi le ministère dans son communiqué.

Dans la même dynamique, un portail national de référence sur la santé reproductive et la fertilité a été rendu accessible via le site Santé.fr.

Le gouvernement en profite pour affirmer son ambition de devenir un leader dans la recherche et l’innovation sur la fertilité en déployant de multiples appels à projets portant sur le sujet. Il assure "un suivi plus rapproché des indicateurs sanitaires de la santé reproductive masculine et féminine".

Faire face à la mortalité maternelle et infantile

Il y a l’information, puis il y a l’action. Ces mesures annoncent alors la poursuite de la stratégie nationale de lutte contre l’endométriose et le renforcement de la prise en charge du syndrome des ovaires polykystiques (qui touche 1 femme sur 10 en France).

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Un bien triste bilan nous est également communiqué : "la France présente un taux de mortalité maternelle et infantile supérieur à celui de ses principaux voisins européens, la mortalité maternelle stagne et la mortalité infantile, notamment néonatale, augmente légèrement depuis 2011". En réaction, Stéphanie Rist a annoncé le lancement d’un ensemble de travaux sur cette thématique, allant de l’identification concrète des failles de notre système de santé à la conception d’un plan pour y remédier.

"Fertilité et périnatalité sont deux enjeux indissociables du parcours de vie, et chacun mérite aujourd’hui une approche adaptée et un accès égal à des soins de haute qualité et sécurisés pour garantir un accompagnement efficace", a-t-elle ainsi scandé.