JO d’hiver Alpes 2030 : à quatre ans des premières épreuves, la loi olympique définitivement adoptée ce jeudi ?
Le Parlement devrait adopter définitivement ce jeudi 5 février la loi olympique Alpes 2030. Ce texte, qualifié de "boîte à outils" par le gouvernement, autorise des dérogations en matière d’urbanisme et de sécurité pour les futurs Jeux d’hiver. Si le Comité International Olympique (CIO) salue cette étape législative, le projet reste fragilisé par une crise interne et des inquiétudes budgétaires, sur fond de contestations environnementales et de recours associatifs.
Alpes 2030, enfin lancée ? Attendue depuis des mois, la loi olympique devrait être définitivement adoptée par le Parlement ce jeudi 5 février 2026. Une étape déterminante pour la concrétisation du projet Alpes 2030 qui reste cependant lesté par la crise de gouvernance au sein de son comité d’organisation.
Le Comité international olympique (CIO) s’est lui-même réjoui dès mardi de cette "bonne nouvelle que la loi olympique soit finalement passée devant le Parlement français, et que le vote final se tienne jeudi, c’est une bonne étape de franchie", a commenté Pierre-Olivier Beckers, chargé de superviser les préparatifs de ces jeux d’hiver organisés par les régions Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA) et Auvergne Rhône-Alpes (AURA).
La loi olympique, c’est quoi ?
Le texte permet des dérogations temporaires au droit commun en matière d’urbanisme, de logement, de santé, de travail mais aussi de sécurité – un volet dont certaines mesures ont été dénoncées à gauche comme liberticides.
Il a été largement approuvé mardi à l’Assemblée nationale par 390 voix contre 99, les députés insoumis et écologistes ayant voté contre, comme quelques députés communistes.
Vidéosurveillance algorithmique et enjeux environnementaux
À ce texte de loi s’ajoutent deux axes majeurs : la sécurité et la question environnementale.
Pour le premier, l’expérimentation d’un dispositif de vidéosurveillance algorithmique, dont une phase de test a été lancée lors des Jeux olympiques de Paris-2024, est prévue pour 2027.
Pour le second, "l’artificialisation liée aux Alpes-2030, soit environ 20 hectares, sera bien décomptée" dans les quotas de l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN) "mais au niveau national", a tenu à souligner la ministre mardi, l’idée étant de ne pas pénaliser les communes concernées.
Marina Ferrari a également mis en avant un amendement porté par le gouvernement "imposant au Comité d’organisation, l’organisation d’au moins une réunion publique physique par bassin de vie accueillant des épreuves ou un site olympique".
Le comité d’organisation sous tensions
À ce jour, le projet Alpes 2030 subit une crise au sein de son comité d’organisation (Cojop), après les démissions en deux mois de sa directrice des opérations, de son directeur de la communication et du président du comité des rémunérations.
Bertrand Méheut, en charge des rémunérations, a notamment pointé dans un courrier une "dérive importante qui (le) conduit à douter du succès du projet que ce soit en matière de délais et de coûts".
En marge de cette crise interne, le collectif citoyen JOP 2030 a lancé trois procédures devant les tribunaux administratifs de Lyon et Marseille et auprès d’un organe onusien à Genève pour dénoncer l’absence "de participation du public au processus décisionnel".
De son côté, le tribunal de Marseille a réclamé à la Solideo (chargée des ouvrages olympiques de 2030) plus de transparence dans la communication et l’information concernant ses projets.
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