Lab Immo : Construire face aux risques climatiques, le Gard en quête de résilience

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  • Aux côtés d’Emilie Bec, quatre intervenants ont échangé à Nîmes.
    Aux côtés d’Emilie Bec, quatre intervenants ont échangé à Nîmes. Midi Libre - LF
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Loic Feltrin

Mardi soir, le Lab Immo réunissait à Nîmes, dans les locaux de la Fédération Française du Bâtiment (FFB) du Gard, quatre experts autour d’une question centrale : comment adapter la construction et l’aménagement du territoire aux risques climatiques et environnementaux.

"L’adaptation de nos constructions aux changements climatiques, c’est notre quotidien dans le Gard, a introduit Emilie Bec, cheffe de l’agence Midi Libre à Nîmes, tout en rappelant les inondations de 1988, 2002, 2014 et 2024 qui ont marqué durablement le territoire. Les politiques publiques ont investi massivement pour protéger les habitants et les territoires. Mais comment faire face aux problématiques de logement, aux nécessités de construction face à des terres qui se raréfient ?"

Pour Bertrand Pelain, directeur de la SPL Agate, la question du foncier est centrale. "Comment intégrer les changements climatiques dans l’acte de construire ? On se rend compte que beaucoup de maires se retrouvent confrontés ou entravés dans leur capacité de développement par les risques de l’application stricte des PPRI." Une conséquence directe : "Cela a un effet induit sur la capacité à construire, sur les raréfactions d’offres de terrains à bâtir."

Pour Thierry Iacazio, président de la FPI Occitanie Méditerranée, le cœur du sujet est celui de la ville résiliente. "C’est, par définition, une ville qui sait s’adapter pour limiter les conséquences des catastrophes naturelles et retrouver son fonctionnement normal le plus rapidement possible. D’abord par l’extension urbaine pour limiter l’étalement de la ville vers l’extérieur, […] ensuite, par une synergie sur ce qu’est la ville sur le côté mobilité, emploi, logement […] Enfin, en s’adaptant aux effets climatiques."

Qu’en est-il localement ? "Peu de villes arrivent à composer avec tous ces aspects. […] On voit qu’il y a un travail de renaturation et de végétalisation des espaces publics. Cela a une vocation hydraulique et tout ce qui est planté permet de lutter contre les îlots de chaleur."

"Une culture à avoir"

L’approche constructive évolue également, souligne l’architecte Laurent Duport. "Il y a d’abord une culture à avoir. La culture du risque, celle qui prend en compte la réglementation en essayant de la transcender pour proposer quelque chose de plus intéressant."

Anticiper, c’est parfois imaginer différemment : "On se rend compte que si on veut construire pour garder une transparence hydraulique, il faut surélever les bâtiments pour garer les voitures en dessous et sans constituer d’obstacles à l’écoulement des eaux."

Cette culture du risque doit aussi concerner les habitants, rappelle Thierry Agnel, président de l’EPTB Vistre Vistrenque. "Le Gard est un territoire à risques, sécheresse, incendie, inondation… On est sur un territoire complexe. Cette culture du risque, on doit la rappeler, la nourrir."

La cartographie réglementaire et les autorisations deviennent un enjeu politique et opérationnel majeur, note Bertrand Pelain : "Le code de l’urbanisme est dépassé et c’est le code de l’environnement qui prend le pas. […] En tant qu’aménageur, j’ai plus de problématiques à obtenir des autorisations environnementales qu’un permis de construire. En amont, les élus locaux n’ont que peu de marge de manœuvre là-dessus. Ils doivent se saisir du volet programmatique."

Au terme de cette table ronde animée, un constat partagé s’impose : l’adaptation n’est plus une ambition mais une obligation, dans un département où les risques climatiques façonnent désormais toute décision d’aménagement. Le défi est vaste, et il ne pourra être relevé qu’en associant collectivités, aménageurs, concepteurs et citoyens.

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