Lab Santé Midi Libre : Réparer et régénérer l’humain

Publié le , mis à jour
Loic Feltrin

Lors d’une matinée dédiée à la recherche et aux technologies qui redonnent des forces, le Lab Santé de Midi Libre a réuni experts et praticiens autour de trois tables rondes pour une exploration des innovations qui restaurent les sens, soutiennent les patients et ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques.

La troisième table ronde a mis en lumière une médecine régénérative en plein tournant, portée par les cellules souches, la bio-impression 3D et l’exploration du microbiote.

Léo Boussamet (INSERM) a d’abord rappelé le rôle clé de l’axe intestin-cerveau : "C’est un système de communication bidirectionnel. L’intestin est tellement riche en terminaisons nerveuses qu’on le surnomme le deuxième cerveau."

Le microbiote, véritable carrefour immunitaire, produit des nutriments et influence l’appétit, l’humeur ou les fonctions cognitives. "Dans certaines pathologies, on parle de la dysbiose. Nous venons de terminer des essais cliniques pour comparer le microbiote de patients Alzheimer à celui de personnes saines afin d’identifier une signature bactérienne."

"Le vivant s’autorépare"

La discussion s’est ensuite tournée vers la capacité du corps à se réparer. Pour Emeline Perrier-Groult, chercheuse à l’INSERM et spécialiste de l’os et du cartilage, l’innovation s’inscrit à la fois dans la continuité et la rupture : "On utilise des prothèses depuis l’Égypte ancienne. Au XXᵉ siècle, on a remplacé des organes. Aujourd’hui, on régénère : on donne au vivant la possibilité de s’autoréparer grâce aux cellules souches, à l’impression et à la bio-impression 3D. "

Un changement d’échelle confirmé par le professeur John De Vos : "C’est une révolution radicale. La médecine régénératrice utilise des cellules comme des médicaments. Après la chirurgie et les molécules chimiques, les thérapies cellulaires deviennent un nouveau pilier."

Il rappelle que les premières grandes avancées datent des greffes de moelle osseuse dans les années 1950, puis des greffes de peau. "Il nous manquait des cellules-médicaments pour réparer le cerveau, la rétine ou le cœur. La reprogrammation cellulaire, qui permet de transformer une simple prise de sang en cellules souches pluripotentes, ouvre enfin cette possibilité."

Entre biologie, ingénierie et nouvelles thérapeutiques, cette table ronde a montré comment la régénération tisse les fondations de la médecine de demain.

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