Sylvain Tesson au festival de la biographie de Nîmes : à l’assaut des piliers de la mer, figures "du rebelle qui décide de s’écarter"

  • Une file interminable pour la séance de dédicace.
    Une file interminable pour la séance de dédicace.
Publié le , mis à jour

Très attendue, la rencontre avec l’écrivain Sylvain Tesson a fait le plein dans le cadre du festival de la biographie de Nîmes.

La salle de conférences de l’Atria était comble et la file pour les dédicaces interminables. Sylvain Tesson était de retour ce dimanche au festival de la biographie devant un public fidèle, enthousiaste, qui a applaudi à plusieurs reprises ses bons mots, teintés d’humour et de spiritualité.

L’auteur aventurier présentait son nouveau livre, Les Piliers de la Terre, consacrés aux stacks, ces éperons rocheux qu’il a escaladé aux quatre coins du monde en compagnie de son ami Sylvain Du Lac. Dans sa "géopoétique" du monde, ces piliers sont une figure du "rebelle, de l’homme isolé qui décide de s’écarter".

Ces morceaux de falaise, détachés du continent, ont été creusés par le "ressac, cette haine que la mer voue à la fixité de la terre" et portent la mémoire d’écosystèmes, de patrimoines disparus. Par l’escalade, il leur adresse une "déclaration d’admiration". Sylvain Tesson voit dans le stack une figure de "dandy, celui qui refuse, celui qui s’écarte, mais qui n’est pas un résistant", un morceau de terre qui part mourir au large, "par posture esthétique plus que par position politique".

Au fil de ses voyages, Sylvain Tesson a sillonné la planète, traversé des vagues très éloignées de celles où naissent les "Vénus boticelliennes". Les plus belles rencontres ont eu lieu "dans l’espace maori, dans le grand empire pacifique", notamment quand il a grimpé sur un stack de l’île de Pâques.

Une métaphore de l’absurdité de la vie

Même s’il est conscient que ses aventures ressemblent "à la conquête de l’Amérique pour les nuls", il voit dans l’escalade du stack une métaphore "de l’absurdité de la vie. Aussitôt au pied, on veut grimper. Aussitôt en haut, il faut redescendre et dès qu’on a regagné le pont du bateau, on n’a plus qu’une envie, c’est de repartir grimper un autre stack. Cela ressemble à la course éperdue de nos cœurs errants sur la Terre."

La sagesse voudrait qu’on "cesse de désirer ce qu’on a déjà", mais Sylvain Tesson en est encore loin. Et ses lecteurs sont toujours volontaires pour le suivre, de sommet en sommet.

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir
Vous avez droit à 3 commentaires par jour. Pour contribuer en illimité, abonnez vous. S'abonner

Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?