Prisé des jeunes et des étrangers, comment le vin biologique d’Occitanie tente d’élargir ses débouchés auprès du grand public
En plein essor depuis dix ans, le vin bio d’Occitanie ne cesse d’élargir son cercle d’influence commerciale. Nous avons pu le constater dans les travées du salon Millésime Bio, à Montpellier.
On connaît le portrait-robot du buveur français de vin bio ; plutôt jeune, urbain, attentif à l’environnement et à la santé. Selon la dernière étude de l’Observatoire de la société et de la consommation pour SudVinBio, 31 % des consommateurs ont moins de 35 ans. Dans les travées du salon Millésime Bio, il y a quelques jours au Parc des expositions de Montpellier, il n’avait pourtant pas besoin d’être affiché car on parlait allègrement toutes les langues.
L’export, premier débouché
Si la vente directe reste le principal canal dans l’Hexagone, "l’export est notre premier débouché commercial, rappelle Julien Franclet, président de SudVinBio. On le voit bien puisque notre secteur est celui sur lequel on tape souvent en termes de taxes pour faire mal à la France."
Les pays du nord de l’Europe apprécient particulièrement nos vins bio "un critère important dans leurs appels d’offres", explique Julien Franclet, qui précise que "d’autres marchés, comme celui du Brésil, s’ouvrent depuis plusieurs années."
"La région a une image innovante en Asie"
L’Asie reste incontournable dans le paysage. Habitué du salon, Jean-Pascal Noirault l’arpente pour ses clients japonais. Créée près de Tokyo il y a 20 ans, sa société, JPM The Wine Company, est spécialisée dans l’importation de vins français. "Le Languedoc-Roussillon a une image de région viticole innovante, attirée par la biodynamie, assure-t-il. C’est un argument de plus au Japon où la consommation annuelle moyenne est de 2 à 3 litres par habitant et s’est fortement développée en 20 ans."
Il approvisionne restaurants, hôtels, bars à vins, mais aussi des particuliers, avec une appétence toute particulière pour les terrasses-du-Larzac, pic-saint-loup, La Clape, Saint-Chinian.
Grosse concurrence sur la vente directe
Commercial du Château Saint-Cyrgues (Costières de Nîmes), Damien Pastor confirme un tiers d’étrangers dans tous les contacts noués durant le salon : "On voit beaucoup de cavistes, grossistes, qui représentent le plus gros de nos ventes au national, mais aussi des représentants de la grande distribution. Ils commencent à y venir car les chiffres d’affaires des foires au vin traditionnelles sont en baisse."
La vente directe en local n’est pas si simple car "il y a une grosse densité de domaines sur la région et une grosse concurrence. Les débouchés s’élargissent quand vous allez vers des régions non productrices comme la Bretagne ou le Nord."
Nouveaux produits comme des fûts de 20 litres
Saint-Cyrgues séduit aussi les pays du nord de l’Europe (Angleterre, Danemark) avec des fûts en plastique de 20 litres pour les tireuses. "Il faut savoir s’adapter aux tendances du marché", sourit Damien Pastor.
"Ce qui est compliqué à l’export, c’est que certains pays ne veulent pas du logo agriculture biologique", expliquent les frères Baret du Château Virgile, également en Costières de Nîmes. Ce qui ne les empêche pas d’exporter 50 % de leur production, notamment vers les États-Unis, l’Europe du Nord et la Belgique, le reste se partageant entre la vente directe, cavistes et restaurants. "Le salon est l’occasion de nouer de nouveaux contacts. On a eu des cavistes anglais. Parfois ils nous rappellent, parfois non…"
Entreprises de déstockage
Il y a des types de négociants plus particuliers. Hugo Sinapian prospecte ainsi pour Ritem, une entreprise de Seine-et-Marne qui déstocke du vin : "Nous sommes sur une logique de rachat de stocks suite à des problématiques de surstockage d’anciens millésimes ou de vins qui ont un problème de goût, de couleur altérée… On achète tout type de produit et on l’oriente vers des magasins de déstockage. On travaille régulièrement avec certains domaines. Mais on leur conseille toujours, évidemment d’essayer au préalable d’écouler leur marchandise normalement."
La preuve, néanmoins, que le bio n’échappe pas à la calamiteuse surproduction qui frappe actuellement l’ensemble de la filière, notamment sur le vrac.

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